Le questionnaire à renseigner était en accès libre sur la page d’accueil du site web de la FEDE.
1.548 questionnaires ont été retournés et analysés dans le cadre du dépouillement.
Les éléments d’identification renseignés ont permis de situer les « questionnés » dans : 14 pays membres de l’Union européenne et 16 autres pays.
Du fait de l’utilisation du site web comme support pour la diffusion de l’enquête et l’enregistrement des résultats, il était prévisible qu’un certain nombre de jeunes étudiants actuellement dans une école membre de la FEDE réponde à cette enquête.
Il était donc intéressant d’en connaître la proportion : 632 réponses émanent de jeunes ayant étudié ou actuellement étudiant dans une école membre de la FEDE, soit 41 % du total des réponses et 38 % de ces réponses identifiées « FEDE » ont été faites par des jeunes suivant ou ayant suivi des cours de Culture et Citoyenneté européennes. Ces cursus sont intégrés dans toute formation préparant à un examen de la FEDE quelle que soit la spécialité métier choisie. Le thème du questionnaire étant la « Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne et ses 10 ans d’existence », il était judicieux d’évaluer la connaissance et l’impact d’un tel texte.
A la première question « Pensez-vous qu’il soit important d’avoir un texte européen à valeur législative qui rappelle les droits fondamentaux des citoyens » : 43% répondent «Oui », 54% sont « Sans opinion » et 3 % précisent «Non ».
Un constat indéniable s’impose : les jeunes ne semblent pas connaître et évaluer l’importance et l’enjeu de la Charte.
Ces 54% semblent démontrer avec évidence la nécessité d’améliorer l’information, la connaissance et la compréhension d’un tel texte, de manière à ce que chaque citoyen européen puisse en mesurer les enjeux, les conséquences pour eux-mêmes et pour tous.La Charte s’appuie sur 6 valeurs reprises dans les têtes de chapitres. Il a été demandé aux jeunes de procéder à leur propre classement (question 2).
Le résultat est également très surprenant et le classement final obtenu très différent du classement promu par la Charte :
|
Classement proposé par les sondés |
Classement de la Charte |
1 |
Libertés |
Dignité |
2 |
Egalité |
Libertés |
3 |
Solidarité |
Egalité |
4 |
Dignité |
Solidarité |
5 |
Justice |
Citoyenneté |
6 |
Citoyenneté |
Justice |
Il serait également très intéressant d’analyser plus en détail le classement donné par les sondés en réalisant un véritable travail d’investigation car ce classement induit quelques interrogations :
Les perceptions des jeunes au sujet des valeurs sont-elles légitimes ? Peuvent-elles s’expliquer par des systèmes d’appartenance et des vécus différents ? S’appuient-elles sur des différences générationnelles ?
Et surtout, ces différences sont-elles prises en compte par nos représentants politiques nationaux et européens dans le cadre de leurs travaux ? En ont-ils connaissance ?
Autant de questions qui mériteraient que l’on s’y intéresse ! Enfin, les jeunes ont fait des propositions pour que la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne soit mieux connue des Européens.
L’analyse des réponses a permis de mettre en évidence la suggestion de trois grands types de prescripteurs : l’école ou l’éducation au sens large, les média et les élus (locaux, régionaux, nationaux, européens).
L’intégration d’informations dans les programmes scolaires est largement plébiscitée par les jeunes ainsi que le développement d’outils pédagogiques.
Puis, le domaine média arrive en seconde position avec pour propositions : une meilleure diffusion médiatique, la mise en place d’événements et de manifestations, complétés par l‘utilisation des réseaux sociaux.
Enfin, le troisième prescripteur met en avant le rôle des politiques : sensibilisation des politiques pour mieux informer et améliorer ainsi la visibilité des textes européens.
Les réponses à ce questionnaire mériteraient d’être affinées car elles permettent déjà de constater un réel besoin d’informations de la part des jeunes, une réelle volonté de mieux comprendre.
Afin que l’avenir de l’Europe puisse s’édifier à partir d’un existant solide, véritable socle, une prise de conscience de tous les prescripteurs semble s’imposer afin que les jeunes d’aujourd’hui puissent être les futurs garants d’une Europe toujours en construction.
Marie-Pierre Magnillat
Déléguée générale
Fédération européenne des écoles