Le 9 Décembre 2011
au Théâtre National de Nice
Pour la 6ème année consécutive, l’association Idées Nouvelles Europe a proposé une journée pédagogique à destination des jeunes des Alpes-Maritimes et du Var sous le Haut Patronage de Christian Estrosi Député Maire de Nice, représenté par Muriel Marland-Militello Députée et Patrick Allemand, Premier vice-président du Conseil Régional. Sylvie Guillaume, députée européenne et Nicole Fontaine, ancienne présidente du Parlement européen ont animé les débats
555 personnes dont une majorité de jeunes étaient présents des établissements : l’UFIP
-l’ISCAE
-l'école Pigier
-le lycée des Côteaux de Cannes
-le lycée du Parc Impérial de Nice
-le lycée Masséna de Nice
-le lycée La Providence de Nice
-le lycée Don Bosco de Nice
-le lycée Mont Saint-Jean d’Antibes
-le lycée Leonard de Vinci d’Antibes
-le lycée Pierre et Marie Curie de Menton
-le lycée International de Valbonne
-le lycée Jacques Dolle d’Antibes
-le lycée Notre-Dame de Toulon
| Jean Léonetti, Ministre chargé des Affaires européennes |
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Jean Léonetti, Ministre chargé des Affaires européennes était attendu aux 6ièmes Rencontres européennes de Nice mais l’actualité a exigé sa présence à Bruxelles pour signer le Traité d’adhésion de la Croatie à l’Union européenne. Il a adressé un message aux lycéens lu par Lilia Parisot, déléguée académique à l’éducation aux médias d’information
« Je ne peux malheureusement pas être parmi vous aujourd’hui, mais je suis certain que vous saurez me pardonner. Je suis en effet actuellement à Bruxelles pour signer le Traité d’adhésion de la Croatie à l’Union européenne. Je remercie d’ailleurs Nicole Fontaine qui a accepté de me remplacer à la dernière minute afin d’échanger avec vous sur le projet européen.
L’Europe rassemblera bientôt vingt-huit Etats, vingt-huit peuples et je crois que nous avons toutes les raisons de nous en réjouir. La Croatie représente le modèle d’un élargissement exigeant et généreux, à l’image de l’Europe d’aujourd’hui. L’Europe d’aujourd’hui et l’Europe de demain reposent sur cet équilibre entre exigence et générosité, entre discipline et solidarité.
Vous célébrez aujourd’hui l’euro, cette monnaie commune que nous avons le bonheur de partager depuis 10 ans. Les bénéfices que nous en tirons sont multiples, ils sont inestimables.
Bénéfices économiques d’abord. L’euro facilite nos échanges commerciaux à l’intérieur d’un large espace où nous réalisons la majorité de nos importations et de nos exportations. L’euro nous permet également de bénéficier de taux d’intérêt bas depuis dix ans. Il faut rappeler que la France emprunte aujourd’hui à un taux beaucoup plus faible qu’il y a vingt ans de cela.
Bénéfices pratiques. Nos enfants ne se rappellent plus cette époque où, lorsque l’on partait faire le tour de l’Europe, il fallait, non seulement montrer son passeport à chaque poste de douane, mais également se rendre au bureau de change pour troquer nos francs contre des marks, pesos et autres lires. Tant mieux. En rendant naturel et évident le passage des frontières, c’est l’identité européenne que nous construisons.
Car l’euro a une immense portée symbolique. La monnaie est un symbole fort de l’appartenance à une même communauté. Communauté marchande, mais aussi communauté de destin. En partageant notre monnaie, nous nous témoignons une confiance mutuelle. Cette confiance est aussi le ferment de la citoyenneté européenne. Cette citoyenneté est née avec Maastricht en 1992 et elle n’a cessé de croître depuis.
Elle puise ses racines dans notre sentiment de partager une histoire commune, des valeurs communes et un avenir commun. Elle s’étend grâce à cette monnaie commune, mais aussi grâce à la mobilité de notre jeunesse. Depuis 1987, Erasmus a permis à 2 millions de jeunes européens de découvrir un pays nouveau, si proche et si loin. Grâce à Erasmus, mais aussi au programme Da Vinci, ces jeunes ont découvert avec bonheur et curiosité de nouvelles langues, de nouvelles coutumes, des architectures jusqu’ici inconnues ; mais ils savaient également, sans le moindre doute, qu’ils étaient chez eux, en Europe. Ce sentiment d’appartenance commune se développe également dans le cadre des jumelages. Nicole Fontaine le sait bien, elle qui a été l’instigatrice des premiers financements de l’UE destinés aux activités de jumelage.
Ce sentiment de bien-être et de familiarité est extrêmement précieux. En agissant quotidiennement pour l’Europe comme vous le faites, …, comme je le fais également, nous nous assurons que ce trésor qu’est l’identité européenne perdure et se renforce chaque jour.
L’aventure est encore longue, elle est parsemée d’embûches, mais elle est belle et elle en vaut la peine. En construisant l’Europe, nous poursuivons le défi incroyablement ambitieux de nos pères, nous menons un projet unique au monde et nous offrons à nos enfants un futur meilleur ».
Biographie
| Muriel Marland-Militello, Députée, adjointe au Maire de Nice, siège au Conseil de l'Europe |
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Qu’est-ce qu’un citoyen européen ? …N’écoutez pas les discours politiques. Faites-vous votre propre opinion. Regardez ce qui se passe dans le bassin méditerranéen. … Première approche : nous sommes un des berceaux de la culture européenne gréco-latine, judéo-chrétienne… vous êtes façonnés inconsciemment par cette culture... Nourrissez-vous d’elle. Ne dites pas « je suis fier d’être européen » mais plutôt « est-ce que je suis heureux d’être européen » ? La fierté est toujours un sentiment un peu méprisant pour tous ceux qui ne le sont pas mais le bonheur est quelque chose qui se partage, la fierté ne se partage pas forcément. Naviguez sur internet, cliquez sur l’Europe pour découvrir cette Méditerranée. Seconde approche : il faut cultiver les langues. On est un pays où les langues ne sont pas enseignées comme elles le devraient. Au Conseil de l’Europe, quand je vois les jeunes allemands, les scandinaves, les russes… avec quelle facilité ils manient les langues étrangères… vous voulez avoir un avenir dans la France européenne ? Commencez par connaître … l’anglais. C’est la base de votre avenir professionnel et culturel pour ceux qui s’investissent dans les Arts. Pour être performant et compétitif, faites une seconde langue et maîtrisez-la. Pas seulement en sachant lire Shakespeare…, apprenez le langage courant, moderne, scientifique... C’est fondamental. Avant d’être pleinement citoyen, renseignez-vous sur le fonctionnement des institutions… Le citoyen est quelqu’un qui vote en connaissance de cause, qui respecte le droit et qui a aussi des devoirs. Soyez libre d’esprit pour voter. Mesurez la chance que nous soyons en démocratie. La France peut être le pays moteur des droits de l’homme… Profitez, jeunes, de toutes les opportunités que vous apporte l’Europe. N’écoutez pas les vieux grincheux qui vous disent que l’Europe coûte cher à la France. C’est faux. L’Europe rapporte plus d’argent à la France qu’elle n’en coûte. Profitez d’Erasmus. Erasmus, c’est génial. Cela permet de voir comment les autres vivent et étudient, de communiquer ce que vous êtes et de vous enrichir des expériences des autres. Enrichissez-vous de la culture des autres. La culture est le plus court chemin d’un homme à un autre et bien ce sera le plus court chemin de vous-même avec les autres jeunes. Vous êtes nés au bon moment. Vous êtes au moment d’une construction finalisée de l’Europe. Faites valoir votre savoir faire et enrichissez-vous du savoir faire des autres. Je voulais vous communiquer ma passion pour l’Europe qui correspond à ma passion pour la jeunesse. Nous sommes votre présent. Vous êtes notre avenir alors… profitez-en !
| Patrick Allemand, premier vice-président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur en charge des affaires internationales et européennes |
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L’Europe est beaucoup plus présente dans notre quotidien qu’on ne veut l’imaginer. C’est votre génération qui va construire la nouvelle Europe, celle que vos aînés n’ont pas réussi à construire, l’Europe des citoyens. On a réussi l’Europe des peuples avec l’objectif de maintenir la paix, on construit –mais à quel prix-l’Europe économique, on est encore loin de l’Europe sociale et citoyenne. Cela peut vous paraître abstrait mais trois quart des lois françaises sont « corsetées » par des règlements et directives européennes. C’est dire à quel point l’Europe est présente et pourquoi il est essentiel d’aller voter aux élections européennes pour renverser la tendance abstentionniste actuelle.
Les collectivités territoriales ont beaucoup de relations avec l’Europe. D’abord pour des raisons budgétaires mais aussi pour renforcer des partenariats. L’Europe est l’institution qui reconnaît le mieux le rôle des régions considérées comme un interlocuteur privilégié car échelon pertinent pour la mise en œuvre des grandes politiques structurelles. Toutes les régions européennes sont représentées au Comité des Régions. L’Europe construit sa vision, aménage son territoire et notre région souhaite s’inscrire dans cette dynamique de grands projets. Ces projets renforcent les échanges de demain. Par exemple, notre région souhaite intégrer le projet de Réseau des transports européens pour financer les futures lignes de transports publics. Le grand axe de transport européen Lisbonne-Kiev conditionnera le développement économique des régions desservies. Provence-Alpes-Côte d’Azur espère intégrer ce projet pour devenir une « grande région » d’avenir dans l’axe Barcelonne-Gênes, l’Arc Méditerranéen.
La Région est également autorité de gestion de programmes européens. Par exemple, ces programmes concernent l’insertion professionnelle (Fonds social européen), le développement régional (le Feder a notamment permis les travaux de rénovation du Chemin de fer de Provence, estimés à hauteur de 30 millions, que nous n’aurions pas réalisé sans cette aide de 10 millions d’euros) ou l’agriculture. Quant aux programmes interrégionaux ou transfrontaliers bénéficiant d’aides européennes, ils impliquent notre région, le Piémont et la Ligurie dans les secteurs culturels, touristiques, économiques, environnementaux. Enfin, la Région travaille sur une nouvelle compétence transférée par l’Etat : la coopération décentralisée, en réalisant des accords bilatéraux et multilatéraux en impliquant d’autres régions. L’Europe complète l’effort financier consentit par nos régions. Par exemple, nous avons développé un partenariat Catalogne-Toscane-Provence Alpes Côte d’Azur avec le gouvernorat de Kasserine, une province pauvre du centre de la Tunisie bénéficiant d’une dotation européenne conséquente rendant notre intervention visible et puissante.
Ces relations de la collectivité avec l’Europe demeurent difficiles car le pouvoir européen est technocratique. Monter un dossier européen nécessite d’abord pour le candidat de répondre à des critères d’éligibilité, de posséder une grande spécialisation (c’est un métier d’avenir), d’organiser un contrôle rigoureux des fonds alloués… Contrairement à ce que l’on peut imaginer et ce qu’il faut retenir c’est, d’une part que les relations établies entre les collectivités territoriales et l’Europe sont primordiales et se renforcent et d’autre part, que l’Europe vécu au quotidien est notre avenir.
| Nicole Fontaine, présidente du Parlement européen de 1999 à 2002 |
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Comment avez-vous vécu l’arrivée de l’euro ?
En ce dixième anniversaire de l’entrée en vigueur pour les citoyens de la monnaie unique, j’éprouve des sentiments multiples. Tout d’abord, un souvenir personnel : en ce premier janvier 2002, en tant que Présidente du Parlement européen, les membre de mon cabinet ont la judicieuse idée de me proposer le 31 décembre à minuit d’aller retirer le premier billet en euro à un distributeur bancaire. On choisit une banque. On mobilise les informaticiens pour s’assurer de la réussite de l’opération. Très heureuse de cette distinction, j’arrive avec une horde de journalistes et photographes pour capter la première image. J’introduit ma carte et un message s’affiche : « cette machine ne fonctionne pas ». C’est un grand moment de solitude. J’affiche un humour de façade en déclarant : « j’espère que l’euro marchera mieux ». « Réessayez madame la Présidente » me propose mon entourage. J’introduis à nouveau la carte et relit le même message d’erreur. A ce moment là, les journalistes voient apparaître un grand jeune homme en gaieté, agitant des billets en euros. Ils se ruent vers lui en lui proposant de me donner les billets. Je m’approche de lui en lui demandant où il a trouvé ces billets. « A la banque plus haut » me répond-il. Nous voilà parti en retrouvant le sourire. Je n’ai jamais revu les informaticiens de la banque concernée mais j’imagine qu’ils ont du éprouver une grande frustration. De façon plus sérieuse, je voudrais rappeler les réalités historiques de l’arrivée de l’euro, importantes pour mieux comprendre le débat d’aujourd’hui. L’idée d’une monnaie unique en Europe a germé avec la création du SME crée par Giscard D’Estaing et Schmidt. On a compris que dans la perspective de la réunification des deux Allemagne, il était nécessaire de renforcer la construction européenne. François Mitterand a voulu assortir cette réunification d’un acte fort, le chancelier Kohl, grand européen déclarant : « la réunification de l’Allemagne et l’intégration européenne sont les deux faces d’une même médaille ». Nous devons avoir à l’esprit le sacrifice douloureux que représente l’abandon du Mark pour les Allemands, symbole de la résurrection économique, de l’absence d’inflation…Les positions de Mme Merkel traduisent ces sentiments très prégnants de l’opinion allemande. En contre partie, les Allemands ont exigé la naissance d’une banque centrale européenne indépendante des gouvernements des Etats membres, dont le seul rôle consiste à surveiller l’inflation et la définition de critères rigoureux qui seront approuvés avec le traité de Maastricht (un déficit public inférieur à 3% du PIB et une dette publique au-dessous de 60% du PIB). La monnaie a vu le jour en 1992 après un vote positif des Français consultés par voie référendaire.
L’euro et la citoyenneté européenne sont-ils liés ?
Juridiquement, non, il n’y a pas de lien indissociable. La preuve : 10 pays sont membres de l’Union mais pas de la zone euro. Le fait de partager la même monnaie constitue un puissant vecteur d’identité européenne. Je l’ai constaté en parcourant des marchés italiens, espagnols et en discutant avec les citoyens européens.
Que vous inspire la défiance actuelle vis-à-vis de l’euro ?
Je suis triste de constater la tendance actuelle qui consiste à adresser à l’euro des reproches injustifiés. L’euro a mis fin aux dévaluations sauvages qui ruinaient des pans entiers de nos économies notamment dans les régions transfrontalières. L’euro a été un formidable bouclier contre les chocs financiers en maintenant l’inflation très basse et permettant d’emprunter à des taux supportables. L’euro a permis de diminuer les prix des matières premières, d’encourager le commerce intra européen… En mon âme et conscience, je le clame : le retour aux monnaies nationales serait un désastre car cela détruirait cette belle idée de construction européenne que nous portons tous ensemble et impacterait très négativement sur nos économies. Le fait de créer une monnaie unique valable pour des pays à très forte disparité économique, sans avoir simultanément prévu des procédures adéquates relevait de la gageure. On n’a pas osé prévoir une convergence de nos politiques budgétaires. On paie cette lacune au prix fort.
Il ne s’agit pas d’une crise de l’euro. Cette crise a débuté en 2002 aux Etat-Unis avec les subprimes et la chute de la fameuse banque Lheman Brothers que l’état fédéral n’a pas soutenu. Puis ce fut l’engrenage : la crise financière devient économique, sociale, les Etats sont écrasés par les déficits. Arrive enfin la crise de la dette avec le constat terrible que nous avons tous vécu au-dessus de nos moyens en empruntant sans avoir la capacité de rembourser ni le coût du prêt ni le capital. Les critères de Maastricht ont volé en éclat, nos pays sont entre 80 et 150% de dette publique par rapport à leur PIB. Les citoyens ont bien conscience que le chacun pour soi serait désastreux et que finalement nous avons peut-être, si on sait en saisir la chance, une grande opportunité pour la construction européenne. Nous sommes à la croisée des chemins : la dissolution de l’Union ou son renforcement. Je souhaite ardemment que l’Europe poursuive sa construction pour notre jeunesse, pour ce qu’elle apporte d’enthousiasme et de promesse d’avenir.
Dans les sketches, les jeunes parlent de mondialisation, d’élargissement à 28 avec la Croatie… dans quelle direction l’Europe doit-elle évoluer ?
Les élargissements de 2004 et 2007 ont contribué à brouiller le message. Il n’a pas été suffisamment expliqué aux populations que nous n’élargissions pas l’Europe mais que nous tentions de réunifier la grande famille politique séparée par les avatars de la guerre avec des pays qui appartiennent incontestablement à une même réalité économique, géographique, historique et culturelle. Une pause dans l’élargissement est-elle nécessaire pour rassurer nos populations ? Ne faudrait-il pas plutôt conforter l’existant ?
« Jeunesse en mouvement », « Europe pour tous »… la mobilité est une priorité pour atteindre les objectifs de « Europe 2020 ». Si vous aviez un message ultime à livrer à nos jeunes ?
L’amplification de la mobilité en Europe à laquelle nous avons beaucoup travaillé dans les années 80 sous l’impulsion de Jacques Delors est considérée comme un des succès de la politique communautaire. L’avenir professionnel des jeunes se situe au-delà des frontières nationales. Celui qui a la chance d’intégrer dans son cursus scolaire, professionnel ou universitaire, une ou plusieurs périodes de mobilité accroît ses chances d’insertion. Les députés européens ont toujours défendu l’accroissement des crédits des programmes de mobilité, souvent en forçant la volonté des Etats. Les collectivités territoriales sont également mises à contribution pour abonder les bourses de mobilité, ce qui est une bonne chose. J’ai la conviction que cette mobilité communautaire apporte une dimension indispensable à l’exercice de la citoyenneté européenne au même titre que la maîtrise d’une ou plusieurs langues non maternelles ou la connaissance du droit communautaire qui occupe une place de plus en plus importante dans le fonctionnement des entreprises au sein desquelles vous serez peut-être appelés à exercer votre talent professionnel. Cette Europe reste un grand projet enthousiasmant, une grande cause et je cite volontiers une phrase prémonitoire de Jean Monnet : « l’Europe se fera dans les crises et elle sera la somme des solutions apportées à ces crises » (Mémoires, 1976). Il nous faut demeurer dans l’optimisme européen.
| Sylvie Guillaume, Députée européenne |
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Comment exercer sa citoyenneté ?
Le traité de Lisbonne est beaucoup vilipendé. Je vous l’accorde, il n’est pas enthousiasmant à bien des égards. Pourtant il contient l’Initiative citoyenne européenne qui est une avancée essentielle pour les droits des Européens. Elle consacre l’émergence d’un nouveau pouvoir législatif au sein des institutions européennes placé entre les mains des citoyens. Aujourd’hui, on ne peut que constater un réel manque d’intérêt des citoyens, en particulier des jeunes vis-à-vis des institutions européennes. En témoigne le taux de participation en berne aux élections européennes : 61% de votants en 1984 contre 43,01% en 2009. Ce nouvel outil permettra aux citoyens européens de devenir des acteurs à part entière de la démocratie européenne en détenant le pouvoir pétitionnaire de législateur au même titre que la Commission a la capacité d’initiative sur les textes mis ensuite aux votes des parlementaires. Le citoyen intervient directement dans le processus législatif en identifiant un sujet pour lequel il estime que l’Europe ne répond pas conformément à la volonté, à l’intérêt général des Européens. Il se met en quête d’une réponse. On pourrait imaginer que si les citoyens veulent un accroissement du budget européen dédié au développement des territoires, une taxe sur les transactions financières ou tout autre demande, une pétition d’un million de personnes pourrait relayer cette demande qui serait obligatoirement enregistrée et étudiée par la Commission qui doit alors y apporter une réponse formelle. Si ce dispositif paraît nébuleux pour l’instant, il s’agit d’une formidable irruption du citoyen dans la vie politique, dans ce qu’il a envie de mener pour lui-même et pour l’Europe.
Pourquoi certains ne se sentent pas citoyens européens ?
Le manque de visibilité des réalisations concrètes est un facteur contrariant le sentiment de faire partie d’un ensemble. Nicole Fontaine, Jacques Delors… sont des grands visages qui ont incarné physiquement l’Europe. Ils ont porté avec conviction le sentiment européen. Nous n’avons plus aujourd’hui à la tête du projet européen de figures incontestables.
L’évolution de l’Europe ?
L’Europe doit aller vers le fédéralisme. Cette idée a été considérée trop longtemps comme un problème technique, notamment par les technocrates, a été critiquée voire tournée en dérision et détournée de son sens. Pourtant ce système politique est la manière dont on va traduire demain notre vie en commun, une projection pour 500 millions d’individus dans un périmètre loin d’être définitif. Le fédéralisme européen n’est pas un outil figé sur des fonctionnements qui auraient été décidés par les pères fondateurs il y a 60 ans, c’est un engagement qui se construit progressivement en tenant compte aussi des Etats membres hostiles à tout ce qui constituerait une armature commune et signifierait un abandon partiel de souveraineté. Pour M.Cameron ce système, c’est « no ! ». Pourtant, c’est la chance de l’Europe. Il faut définir un périmètre, savoir ce que l’on veut mettre en commun (les impôts, la recherche…). C’est par des décisions concrètes qu’on fédèrera les peuples d’Europe.
Pourquoi a-t-on crée prioritairement une Europe économique ?
Parce que l’on sortait d’une guerre qui avait détruit l’ensemble du continent, qu’il fallait reconstruire, trouver des matières premières. Les pionniers ont privilégié l’échange de marchandises plutôt que le vivre ensemble des Européens. Aujourd’hui, nous avons d’autres systèmes de référence (le social, l’environnemental) qui sont complémentaires à cet espace économique.
Comment fédérer concrètement les Etats européens ?
Actuellement la Commission et le Parlement européens sont inertes alors qu’ils ont une responsabilité fondamentale dans la manière de gérer les affaires européennes. La Commission est timide, les parlementaires inaudibles. Certains d’entre nous ramons dans le désert depuis des années pour « promotionner » l’idée de créer des Eurobonds et autres outils de régulation. Ces propositions ont été marginalisées. Comment fédérer des Etats qui ne le souhaitent pas ? Une Commission dont ce n’est pas la mission ? Il faut exiger maintenant une Europe des preuves, sur l’impact des décisions européennes dans la vie de tous les jours, dans l’emploi, la formation, l’inclusion sociale et professionnelle, les droits des consommateurs, la protection des individus, des enfants… C’est par cette Europe des preuves qu’on donnera envie de déférer les Etats.
Peut-on encore parler d’Europe unifiée avec la crise grecque ?
Avec les soubresauts de la crise économique et l’impact des agences notation sur la vie quotidienne de l’Europe, ce que l’on craignait de la construction d’une Europe à plusieurs vitesses est en train de se matérialiser. C’était déjà objectivement le cas avec des Etats qui ont choisi de ne pas intégrer la zone euro. Certains pays vont être à l’avant garde. Nous vivons un recul de l’Europe solidaire qui a permis d’arrimer des pays en demande d’intégration à l’Europe. Quant à la Grèce, je ne pense pas qu’elle sorte de la zone euro car cela aggraverait ses difficultés et entraînerait une forte dévaluation. La sortie de l’Europe est envisagée par certains Etats membres mais ce serait un signe de faiblesse important pour la structure européenne et pour l’Etat membre concerné.
L’Euro et l’Europe peuvent-ils disparaître ?
C’est un scénario envisageable mais que je refuse. Il est dangereux car il correspondrait à une dévaluation, à la remise en cause de la balance commerciale de chaque pays. Il faut agir pour maintenir notre cohérence économique. Pendant plusieurs années, l’euro a été un facteur de stabilité. Des économistes britanniques proposent moins de solidarité et moins de partage ce qui est contraire à l’esprit européen : les plus riches aident les plus pauvres à franchir les étapes… L’Europe non plus ne va pas être démantelée : elle s’est construite sur des crises successives, elle constitue le plus beau challenge collectif de notre continent. Construire une identité commune à partir de siècles d’errance, de guerres, de conflits, est un enjeu incroyable pour la paix et la prospérité. Il faut être résolument optimiste.
Pourquoi poursuivre l’intégration de nouveaux Etats ?
L’intégration n’est pas un processus aléatoire. Les pays candidats font des efforts pour se mettre au niveau de l’acquis communautaire. La Croatie rejoindra l’Europe en juillet 2013, il faut s’en réjouir. Intégrer des pays qui connaissent une faiblesse économique est un pari qui a toujours été gagné à moyen terme en profitant à l’ensemble de la communauté. L’Espagne était considéré comme un pays de seconde zone avant son entrée dans l’UE puis a connu un développement exceptionnel puis à nouveau une chute avec la crise…
Que pensez-vous du projet d’Union pour la Méditerranée ?
Ce ne sont pas les Révolutions arabes qui expliquent le demi échec de ce projet. Il était davantage motivé par la volonté de conclure des accords commerciaux que de montrer le rayonnement d’une vie culturelle commune. Cette dimension d’un lien affectif n’était pas suffisamment prise en compte. Donnons à ce projet du contenu culturel et politique (autour des valeurs démocratiques) pour renforcer les liens qui unissent ce bassin de vie.
La BCE baisse ses taux, le marché a réagit négativement. Comment faire pour retourner la situation ?
Les sommets européens s’essaient à donner le change aux marchés mais face à des courants divergents, l’image de solidité que nous souhaiterions transmettre n’est pas la bonne. Ce sont des outils et des méthodes à mettre en place : renforcer le rôle de la BCE en soutien aux économies des Etats membres (ce n’est pas prévu par les Traités), de créer des Eurobonds en mutualisant les dettes des Etats, instaurer une fédération d’Etats avec un budget conséquent…
Pourquoi avons-nous l’impression que l’Europe est essentiellement dirigée par le couple franco-allemand ?
On a le sentiment de l’existence d’un directoire qui a intégré le fait que l’Europe se résume au seul moteur franco-allemand. Cette situation est mal vécue par les autres partenaires européens au plus haut niveau mais aussi par les citoyens. Les citoyens sont-ils consultés sur les options prises ? M.Papandreou a souhaité organiser un référendum sur le plan d’austérité imposé par l’Europe et visant à rassurer les marchés. N’était-il pas légitime que ce responsable veuille savoir si ce plan pouvait aussi rassurer les citoyens ? Je suis méfiante à l’égard de ce moteur qui, en temps normal de fonctionnement routinier, a évidemment son importance car ce sont deux grandes puissances économiques mais dans la situation actuelle il ne peut décider seul quand l’expression de la démocratie est mise en cause.
Comment l’UE première puissance économique mondiale peut rencontrer autant de difficultés face à quelques agences de notation américaines indépendantes et pourquoi demander l’aide financière à des pays émergents ?
L’image que donne l’Europe au reste du monde n’est pas excellente et le doit essentiellement au diktat des agences de notation. Dans le contexte de crise économique internationale, personne ne souhaite dévaloriser l’image de l’Europe mais cette soumission aux agences est extrêmement délicate à gérer. Le citoyen a découvert le pouvoir de ces agences à la faveur de la crise. Plus les Etats réagissent, plus ces agences prennent de l’importance sur les faits politiques et économiques. Il faut réussir à réguler leur activité en créant une agence européenne de notation qui soit au cœur du dispositif économique européen et son point d’équilibre.
Comment s’articule le travail parlementaire du député européen ?
Je suis trois jours par semaine au Parlement avec un travail conséquent de préparation et d’amendement des textes présentés dans le cadre de mon groupe politique (Parti Socialiste Européen). Une semaine par mois nous sommes en session à Strasbourg. Quatre semaines par an nous sommes en circonscription pour rencontrer nos électeurs.
La naissance d’une directive ou d’un règlement est assez complexe. Le Conseil et le Parlement co-décident, ensuite les textes sont appliqués directement pour le règlement, par transposition dans le droit national pour la directive. Dans tous les cas une coopération par la négociation est nécessaire avec les représentations nationales.
Lorsque vous votez aux élections nationales, notamment la présidentielle, vous vous prononcez aussi sur la part de la France dans les discussions européennes.
Un message aux jeunes Européens réunis ce matin ?
Bougez ! Confrontez vos cultures, vos points de vue… Profitez de cette liberté de mobilité pour rencontrer les autres.
"Préjugés de comptoirs sur l'Europe"
4 vidéos réalisées par les étudiants de l'UFIP de Nice




| Le + pédagogique |
| Marie-Pierre Magnillat, déléguée générale de Fédération Européenne des Ecoles a réalisé un sondage sur la citoyenneté européenne |
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Dans le cadre de ses activités pour une meilleure information et compréhension de l’Europe, la Fédération européenne des écoles a organisé une vaste consultation sur la citoyenneté européenne débutée à l’automne 2010 avec le lancement sur son site web d’un premier sondage qui a permis de collecter durant le mois d’octobre 1.548 réponses, et d’un second en octobre et novembre 2011 recueillant 1524 réponses de jeunes âgés en moyenne de 25 ans, originaires de pays européens pour 87 %, et de pays non européens pour 13.43 % (Maroc, Sénégal, Algérie, Congo, Cameroun…).
Cette diversité de nationalités est tout à fait logique puisque les jeunes ayant répondu au sondage suivent tous des cours de culture européenne dans le cadre de la préparation aux examens de la Fede, et la plupart étudient dans des écoles situées en Europe. Ces jeunes ont donc pu renseigner en partie les questionnaires et notamment s’exprimer sur les questions liées à l’évolution de l’Europe.
L’objectif du premier sondage était de pouvoir apprécier le degré de compréhension par les jeunes du concept de citoyenneté européenne et la manière dont ils l’abordent.
Les définitions de la citoyenneté européenne données par ces derniers ont permis de distinguer deux dominantes : des définitions à caractère juridico-politique qui renvoient à la citoyenneté européenne telle qu’affirmée par l’Union européenne et des définitions incluant des notions relevant de l’identité culturelle et sociale des personnes. Quelques définitions ont intégré les deux dominantes ci-dessus donnant ainsi une approche plus « complète » de la citoyenneté européenne.
Parmi les réponses à dominante juridico-politique, on notera notamment que la citoyenneté est considérée comme un ensemble de droits civils et politiques et de devoirs (face aux institutions) qui s’additionnent, sont solidaires et garantis « par une instance supranationale, donc plus sûre » et des « traités ». Cette citoyenneté qui se superpose à la citoyenneté nationale permet « la participation à la prise de décision », confère une responsabilité à « se sentir impliqué » dans le projet européen en « faisant entendre sa voix ».
De nombreux jeunes assimilent aussi la citoyenneté à l’identité. Mais en général, la citoyenneté apparait surtout comme un sésame : «La possibilité de circuler, de travailler, de s’installer, d’étudier, de s’exprimer librement dans tous les pays membres, sans restriction ni discrimination », c’est «l’ouverture des frontières », c’est appartenir « à un corps politique » et à « une démocratie », voire « une grande nation », à un «même espace économique et monétaire», dont on souhaite « contribuer au développement ».
Dans les dominantes à caractère culturel et social, les sondés font référence à la diversité et la richesse de la communauté dans laquelle ils vivent et qui constituent « une chance ». Ils considèrent cette citoyenneté comme un moment « d’échanges » et de « respect » autour de valeurs communes portées « tant au niveau des personnes que de la pensée ». Les notions d’égalité, de liberté et d’unité sont souvent mentionnées car « être citoyen européen » est souvent considéré comme « faire partie d’un tout », c’est « se sentir en paix », c’est « cultiver toutes les différences », les « tolérer » pour au final «développer un futur plus juste et plus solidaire».
Enfin certaines définitions renvoient à une approche mixte de la citoyenneté européenne, c’est-à-dire présentant un mélange des deux dominantes évoquées ci-dessus : « être capable de vivre et de travailler ensemble sur un même continent en se respectant les uns les autres avec nos différences », « appartenir à un groupe d’individus sur un territoire donné, partageant des valeurs communes pour des buts communes et ayant les mêmes droits et devoirs », « le sentiment d’appartenir à un groupe régi par des textes et qui nous permet un élargissement de notre culture et de nos droits en dehors des frontières nationales ».
Fier d’être citoyen européen !
Le second sondage intervenu un an après se veut complémentaire au premier en mobilisant les jeunes non plus sur des concepts mais directement sur leur propre citoyenneté européenne, par des questions plus personnelles et engagées.
Ce deuxième volet de l’enquête européenne doit donc permettre de corroborer les approches intellectuelles recueillies initialement et d’évaluer éventuellement les divergences constatées.
Plus de la moitié des sondés estiment qu’à l’horizon 2030 l’Europe ne sera plus telle qu’aujourd’hui (6% estiment qu’elle ne changera pas et 32% n’ont aucune idée à ce sujet) et que de nouveaux élargissements modifieront probablement sa perspective (60%). Les différents élargissements intervenus jusqu’à ce jour et la toute prochaine signature de l’acte d’adhésion de la Croatie à l’Union européenne le 9 décembre 2011 légitiment largement cette vision concernant l’évolution de l’Europe.
Par contre, malgré une conscience forte que l’Europe ne stagne pas, que le processus européen est bien évolutif avec des étapes successives : union douanière, marché commun, marché intérieur, union économique et monétaire, l’objectif ultime des pères fondateurs, la création d’un Etat fédéral, reste un avenir très incertain ou impossible d’ici 2030 pour les deux tiers des sondés (68 %).
Le contexte économique qui ébranle aujourd’hui l’Europe avec la fragilisation de l’Euro et la prépondérance des Etats-Unis représente une inquiétude importante pour les jeunes sondés face à l’avenir de l’Europe. Ils considèrent à 36% que le leadership européen ne permettra pas d’en faire la première puissance économique mondiale. Pour les plus optimistes qui représentent toutefois une majorité (59 %), l’Europe en 2030 aura réaménagé sa politique d’adhésion, développé un volet social, renforcé sa politique environnementale et sera sorti de la crise actuelle.
Les plus pessimistes (18 %), redoutent la disparition de l’euro, un affaiblissement économique et politique de l’Union européenne et une poursuite de la crise économique du fait de la concurrence de pays émergents tels la Chine et l’Inde.
Les « optimistes » mettent en avant des projections à forte valeur sociale et politique, tandis que les « pessimistes » s’appuient principalement sur des facteurs économiques identifiés dans leur vision de l’Europe en 2030.
Malgré le contexte actuel de crise européenne, les sondés restent très majoritairement fiers d’être citoyens européens (59 %). A la question « pourquoi êtes-vous fier d’être citoyen européen ? », les valeurs socio-culturelles arrivent massivement en tête. « L’appartenance à une entité multiculturelle riche de diversité » est la raison la plus souvent évoquée, suivie de près par « une appartenance à une Union », « l’Europe est un ensemble de valeurs communes », « pour la solidarité et la cohésion sociale », « l’Europe renvoie à la notion de respect des droits de l’homme », l’Europe «représente une zone où la paix est garantie », et où « l’Histoire et la culture de l’Europe sont une richesse ».
Les aspects économiques sont très largement plébiscités : « L’Europe représente une puissance économique forte » qui rassure et qui « constitue une force ». «La liberté de circulation » et « la liberté de s’établir dans un autre pays européen » sont également très souvent mentionnées.
Nous constaterons à ce sujet que les ressentis des jeunes sondés sont bien entendu conditionnés par leur propre système d’appartenance, leurs expériences (mobilité : stages à l’étranger, voyages…).
L’aspect juridique de la citoyenneté européenne se décline avec « la jouissance des mêmes droits et des mêmes protections » tout en ayant des « obligations communes » à respecter, ils étaient déjà largement mis en avant dans les résultats du premier sondage.
Notons également que quelques-uns se risquent à émettre un argument teinté d’affect et à résumer le tout par un slogan très mobilisateur « Etre européen est une chance ! ».
18 % des sondés ont exprimé n’avoir aucune fierté à être citoyen européen. Leurs raisons prennent principalement en compte un élément affectif et très sensible relevant de l’attachement à sa nationalité qui prime sur la citoyenneté européenne.
L’attachement à sa nationalité est parfois très fortement exprimé par les jeunes allant jusqu’à sous-entendre qu’être citoyen européen reviendrait à renier ou renoncer à sa propre nationalité.
Il est à la fois intéressant et quelque peu inquiétant de noter qu’un amalgame et une confusion sont très largement faits entre nationalité et citoyenneté et traduisent tout à la fois une mauvaise compréhension et une méconnaissance du contenu juridique et social des termes, mais également la preuve d’un enracinement profond des valeurs nationales transmises par l’ensemble du système d’appartenance.
65% des sondés estiment que la citoyenneté européenne est complémentaire à la citoyenneté nationale. La même proportion déclare qu’elle ne s’y substitue pas.
L’image négative renvoyée par l’Europe en raison de la crise actuelle gêne également considérablement les jeunes et paralyse un peu plus leur sentiment d’appartenance. L’Europe en crise est ressentie comme un véritable échec, les responsabilités de cette crise étant très majoritairement rejetées sur quelques pays européens et imputées à une mauvaise gestion de l’institution Europe en général.
Enfin, les dernières raisons évoquées s’organisent autour de la difficulté de compréhension de l’Europe qui ne peut favoriser ce sentiment d’appartenance : « le citoyen manque d’information » « le citoyen reste dans le flou », « L’Europe ne représente rien de concret ».
L’année écoulée, depuis la fin du premier sondage et les résultats du second, démontre bien que la crise a une influence incontestable sur les avis des jeunes, sur leur citoyenneté européenne telle qu’ils la vivent, même si leur approche théorique développée lors du premier sondage se retrouve en grande partie reprise dans l’expression de leur vécu et de leur ressenti.
La citoyenneté européenne doit avant tout passer par un réel sentiment d’appartenance, même si la nationalité primera toujours pour les Etats.
Pour pouvoir envisager cet objectif, il semblerait utile d’intégrer la dimension européenne plus souvent dans la vie des populations, pour que la citoyenneté européenne puisse réellement exister et résister aux aléas politiques et économiques.
La jeunesse réclame plus d’informations et de formations sur l’Europe (ils sont 20% environ à ne plus répondre lorsqu’on évoque des questions liées à la façon dont ils vivent leur citoyenneté européenne), et ce souhait est peut-être la condition sine qua non pour que la citoyenneté européenne devienne « une réalité de tous les jours » et qu’un réel et profond sentiment d’appartenance puisse se développer, clé de voute de la construction européenne.
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| Myriam Pernice, étudiante : témoignage de mobilité |
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Je m’appelle Myriam PERNICE. J’ai 23 ans. Je suis actuellement étudiante en Master tourisme au campus de Carlone à Nice. Je vais vous parler de l’expérience que j’ai pu vivre grâce au programme Léonardo. En janvier 2011, ce programme proposé par la Fédération Européenne des écoles, m’a permis de partir en Angleterre. Après avoir obtenu un DEES Communication, diplôme européen d’études supérieures niveau bac+3, j’ai décidé de prendre une année de césure pour me perfectionner en anglais.
Mon choix de destination s’est tout naturellement tourné vers l’Angleterre. J’ai postulé par e-mail dans tous les Conseils Municipaux du pays. Puis, j’ai reçu une réponse positive de Jonathan Stephenson, manager du service du développement des affaires à Ipswich. Après quelques e-mails, un entretien téléphonique par Skype nous a permis de définir plus en détail les objectifs de mon stage. Le fait d’avoir un premier contact verbal avant d’arriver dans le pays et de commencer le stage a été très appréciable et rassurant.
Avant de partir, j’ai effectué une préparation en rédigeant un carnet de bord avec une présentation de la ville, ses aspects économiques et ses événements phares. Ce travail a été très pertinent car j’étais familiarisée avec le lieu d’accueil avant mon arrivée et une fois sur place j’étais acclimatée, dès le début de mon stage, aux projets événementiels présentés. En ce qui concerne le mode d’hébergement, mon choix s’était tourné vers la colocation.
Mon chef d’équipe, James Young, et son assistante, m’ont accompagnée durant le stage. Ils sont venus me rencontrer et souhaiter la bienvenue à l’hôtel lorsque je suis arrivée. James, manager en charge des événements de la ville, voulait me faire découvrir les grands horizons de travail du Conseil Municipal. J’ai eu l’occasion de travailler au service événementiel, au bureau du maire, à l’office du tourisme, au service électoral et pour finir au service communication.
Ensuite, pendant 2 semaines, j’ai travaillé au bureau du maire. Contrairement à la France, le maire anglais a principalement un rôle de représentation, le pouvoir étant octroyé au président du Conseil Municipal. Chaque année, le maire choisit une ou plusieurs œuvres caritatives pour lesquelles il milite durant son année de mandat. Ainsi, j’ai aidé au bon déroulement de plusieurs quizz, jeu très populaire en Angleterre, dont les bénéfices étaient reversés aux œuvres de charité. J’ai contribué à l’organisation et assisté à une parade militaire durant laquelle le maire a fait un discours. J’ai accompagné le maire dans une école primaire lors d’une journée de sensibilisation au commerce équitable. J’ai également pris part au travail administratif qui est de répondre aux invitations du maire et remercier les personnalités présentes lors des différents événements. Lors de son dernier jour de mandat, j’ai eu le privilège de partager un thé en petit comité avec Mme le Maire.
Les personnes que j’ai côtoyées ont été très accueillantes, en effet l’accueil est une des valeurs phares du peuple anglais. Suite à mon arrivée, un article est paru dans le journal interne du Conseil Municipal pour me présenter à l’ensemble du personnel. J’ai bénéficié d’une intégration et d’une reconnaissance particulière au sein du conseil municipal. Le regard très attentif de mon entourage professionnel a été un facteur d’encouragement et de valorisation. Je me demandais, avant d’atterrir, comment je pourrais effectuer un travail sans avoir une parfaite connaissance de la langue mais l’équipe a fait en sorte de me mettre à l’aise et m’ont impliquée naturellement dans leur travail. Ils se comportaient avec moi comme si j’étais des leurs. Cette immersion totale permet de capter la culture et de maximiser les chances de parfaire la langue du pays. Durant ce stage, mon niveau d’anglais s’était nettement amélioré et je pouvais mener une bonne conversation.
Ces 4 mois ont été très intenses. J’ai rencontré de nombreuses personnes et noué beaucoup de contacts. Travailler au sein de tous ces services a été très enrichissant professionnellement. J’ai découvert plusieurs domaines de compétences, des manières de travailler différentes, des ambiances propres à chaque service.
L’atmosphère générale du Conseil Municipal était très chaleureuse, amicale et à la fois sérieuse. Les anglais ont un fort esprit d’équipe. Leur mode de management est très intéressant. D’une manière générale, travail et vie privée sont fortement liés. Il y avait des petits déjeuners organisés une fois par mois avec l’équipe. J’ai également eu l’occasion de sortir en soirées plusieurs fois avec eux. Les managers étaient très à l’écoute et me demandaient souvent si mon travail me convenait. Si un travail ne me correspondait pas, ils me changeaient d’affectation et faisaient en sorte de me confier en priorité les tâches que j’appréciais. J’ai donc bénéficié d’une attention particulière.
Le programme Léonardo est enrichissant tant sur un plan professionnel que personnel. En effet, cela implique une certaine audace, une ouverture d’esprit et une mobilité générale souvent appréciés dans le milieu du travail. Toutes ces qualités développées lors du stage permettent d’envisager plus sereinement une mobilité professionnelle européenne. En 2011, le Conseil Municipal d’Ipswich a proposé d’accueillir deux nouveaux stagiaires Léonardo.
J’espère qu’à travers ce témoignage vous avez ressenti la joie des différentes rencontres et le plaisir de découvrir ou d’approfondir un travail dans un autre pays européen.
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| Véronique Berruyer, Déléguée régionale de l'association Finances et pédagogie |
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Un grand quizz sur l’euro a été proposé par l’association Finances & Pédagogie représentée par Véronique Berruye avec la participation de Daniel Haguet, professeur de Finances à l’Edhec Nice. L’association créée en 1957 par les Caisses d’Epargne réalise des actions de sensibilisation et de formations, sur le thème de l’argent dans la vie, auprès de tout public. Pour les Rencontres européennes de Nice, un ambassadeur des 13 établissements présents a été désigné pour monter sur scène et prendre part au jeu en répondant par vrai ou faux à dix questions sur la monnaie commune. L’enseignant mais aussi notre grand témoin, Nicole Fontaine ont commenté chaque réponse e napportant des éléments précis sur la zone euro, le rôle de la BCE, le traité de Maastricht mais aussi quelques éléments sur le thème de la citoyenneté européenne. A l’issue du jeu animé par Véronique Berruyé, chaque participant a rejoint la salle avec des cadeaux.
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| Fabrice Lachenmaier, directeur Idées Nouvelles Europe : L'histoire de l'euro |
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L’euro est actuellement la monnaie unique de 17 pays de l’Union européenne. Si nous parlons des 10 ans de l’Euro c’est parce que le 1er janvier 2002, les Européens de 12 pays ont pu retirer au distributeur les premiers billets. Tout au long de ces dernières années, de nouveaux pays ont rejoint l’Euroland, c-à-d la zone euro.
C’est une avancée importante pour la construction de l’Europe car l’Euro est un outil économique mais aussi un symbole qui renforce notre citoyenneté européenne.
L’Euro n’est pas arrivé du jour au lendemain mais est le fruit d’une longue réflexion.
En 1929 déjà, Gustav Stresemann, homme politique allemand, demande à la Société des Nations « où sont la monnaie européenne, le timbre européen qu’il nous faudrait ? ». C’est le vendredi noir à la bourse de New-York et le début de la grande crise économique mondiale.
L’idée est née à la fin des années 60 alors que le projet de monnaie unique n’était pas prévu par les traités européens. Les 6 Etats membres d’alors participaient aux accords de Bretton woods, un système monétaire international (création du FMI) destiné à fixer les cours de change des monnaies nationales à partir de l’étalon-or, lui-même fixé sur le dollar. Ces accords sont mis en place au lendemain de la seconde guerre mondiale par 40 Etats.
La CEE (Communauté économique européenne, c’était le nom donné à l’Union européenne d’aujourd’hui) veut créer une Union économique et monétaire avec l’objectif d’écarter les risques d’une crise monétaire internationale. Durant toute l’année 69, la Commission européenne travaille sur l’aide aux monnaies faibles des Etats membres et aussi à l’harmonisation d’une politique économique. C’est l’adoption dans un premier temps du plan Barre en juillet puis le 2 décembre au sommet de La Haye on évoque la création de l’Union économique et monétaire. Ce n’est qu’un an plus tard que l’Europe acceptera les recommandations du rapport Werner, ministre des finances luxembourgeois qui a rédigé un document mentionnant toutes les étapes permettant de créer cette Union économique et monétaire. Malheureusement, le projet ne se fera pas, suite à l’écroulement du système de Bretton Woods en 1971 et à l’incapacité de l’Europe de stabiliser les cours de change.
Le 10 avril 1972, l’initiative est reprise avec la création du Serpent monétaire européen. Il s’agit alors de fixer un écart maximal de 2,25% de la marge de fluctuation des monnaies autour d’une parité fixe.
En avril 1978 au Conseil européen de Copenhague, le couple franco-allemand relance le projet de La Haye avec la création du Système monétaire européen (SME), qui voit le jour le 13 mars 1979.
Le SME offre progressivement la mise en place d’une zone de stabilité monétaire. C’est aussi la première fois qu’on évoque la création d’une unité de compte regroupant les valeurs des monnaies qui la composent : l’Ecu (European Currency Unit).
Il faudra attendre l’Acte unique européen en 1986 pour qu’un nouvel élan soit donné avec un projet de création d’une monnaie unique. Cela devient d’autant plus urgent que l’existence du SME n’évite pas les attaques spéculatives des monnaies européennes et donc les risques d’une déstabilisation de la zone économique européenne.
En 1988, le Conseil européen confirme son intention de créer une Union Economique et Monétaire. C’est Jacques Delors, président de la Commission européenne qui proposera 3 phases concrètes :
-Au 1er janvier 1990, il faut commencer par lever tous les obstacles internes à la libre circulation des biens, des personnes, des services et des capitaux au sein de l’Union européenne.
-Au 1er janvier 1994 on créera l’Institut monétaire européen (IME), ancêtre de la Banque centrale européenne (BCE). Cette seconde phase est consacrée aux préparatifs techniques en vue de la création de la monnaie unique, à la mise en place d’une discipline budgétaire et au renforcement de la convergence entre les politiques économiques et monétaires des Etats membres de l’UE.
-Au 1er janvier 1999, on fixe de manière définitive les taux de change des monnaies des onze Etats membres participants et on planifie l’introduction de l’euro comme monnaie unique.
Concrètement, que va-t-il se passer entre 1990 et 1999 ?
Le 7 février 1992, les Etats membres adoptent le Traité de Maastricht. Ce traité est fondamental pour la construction européenne car il contient des mesures inédites et essentielles pour la suite du projet :
-il amende les traités antérieurs et instaure l’Union européenne,
-il instaure la citoyenneté européenne,
-il instaure la politique économique et monétaire avec la perspective de création d’une monnaie commune.
En 1995, les quinze Etats membres de l’Union européenne s’accordent sur son nom : l’euro. Ils fixent alors les conditions, le calendrier et les modalités de passage à la monnaie unique.
Le choix du nom n’a pas été simple car au commencement le terme retenu était l’ECU mais pour les Allemands cela s’approchait du terme KUHE (la vache) ou encore de EKU (une marque de bière). Ils ont alors proposé que chaque pays garde le nom de sa monnaie en mettant le préfixe Euro devant, ce qui aurait pu donner : Euromark, Eurofranc, Euroflorin. Les Anglais ont proposé de retenir le terme Ducat ou Florin. Mais à chaque fois cela ne plaisait pas à un pays. Finalement, Filipe Gonzales, premier ministre espagnol propose d’utiliser le terme d’EURO. Les Grecs n’aiment pas trop car au pluriel cela se prononce Oura ce qui signifie « urine ». On va dire que faute de mieux, l’EURO sera retenu.
En mai 1998, onze des pays souhaitant participer à la monnaie unique sont retenus au regard des critères de convergence fixés dans le Traité de Maastricht.
Ces critères sont dans le Pacte de stabilité et de croissance adopté en 1997.
Ces critères (qui doivent être toujours respectés) sont les suivants :
-Le rapport entre déficit public et produit intérieur brut doit être inférieur à 3 % ;
-Le rapport entre dette publique et PIB doit être inférieur à 60 % ;
-Le taux d’inflation ne dépasse pas de plus de 1,5 point celui des 3 pays ayant la plus faible inflation
-Le taux d’intérêt à long terme ne dépasse pas de plus de 2 points celui des 3 pays les plus stables en matière de prix ;
-Les marges de fluctuation du SME doivent être respectées.
Le 31 décembre 1998, le Président de la Commission européenne de l’époque annonce le passage à l’euro pour onze Etats membres de l’Union européenne, qui doit survenir le lendemain, 1er janvier 1999. Ce jour-là, l’euro devient la monnaie des pays suivants : Allemagne, Autriche, Belgique,
Espagne, Finlande, France, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal auxquels s’ajoutent la Grèce en 2001, la Slovénie en 2007, Chypre et Malte en 2008, la Slovaquie en 2009 et l’Estonie en 2011. Ces différents élargissements de la zone euro sont possibles après accord du Conseil de l’Union et de la Banque centrale européenne. Il faut que les pays prouvent pendant deux ans leur capacité à satisfaire tous les critères. Ils entrent dans ce qu’on appelle le Mécanisme de Change Européen qui est une étape intermédiaire qui permet aux monnaies d’apprendre à se connaître. Actuellement dans l’antichambre, il y a la couronne danoise, le lats letton et le litas lituanien. On parle aussi pour 2015 ou 2016 de l’entrée des monnaies de la Bulgarie, la Pologne, la Roumanie, la Hongrie et la République Tchèque.
Il faut savoir que l’euro circule aussi en dehors de l’Union européenne. La monnaie unique a un cours légal à Monaco, à San Marin, au Vatican, à Andorre, au Monténégro et au Kosovo.
Il faudra attendre le 1er janvier 2002 pour que l’Euro soit mis en circulation sous sa forme fiduciaire (52 milliards de pièces sont frappées avec 250.000 tonnes de métal et 14 milliards de billets sont imprimés pour une valeur de 633 milliards d’euros) dans les 12 pays de la zone euro (et pendant un an les monnaies nationales resteront utilisées). Avant cela, l’euro servait dans les transactions bancaires. Aujourd’hui, plus de 304 millions d’Européens vivent dans la zone euro.
J’ai dit en préambule que l’Euro était un symbole. Ce n’est pas un symbole officiel comme l’hymne, la devise, le drapeau ou la fête de l’Europe (qui eux-mêmes mériteraient une reconnaissance institutionnelle plus forte en étant inscrits dans les traités). C’est un symbole car, à travers le monde entier, l’euro symbolise l’Europe. Il est devenu une monnaie d’échange mondiale qui est recherchée par les commerçants. Je voyage beaucoup et peux vous dire que partout on peut maintenant acheter en euro au même titre que les commerçants acceptent le dollar. C’est devenu un véritable symbole en dehors de nos frontières communautaires, une monnaie très prisée.
Le symbole de l’euro (€), s’inspire de la lettre grecque epsilon et est emprunté à la première lettre du mot «Europe». Les deux lignes parallèles symbolisent la stabilité à l’intérieur de la zone euro.
On retrouve ces deux lignes lorsqu’on dessine le dollar ou le yen.
Que ce soient les pièces ou les billets, on retrouve aussi des symboles graphiques de ce qui fait l’identité de l’Europe.
Au recto de chaque billet sont représentés des fenêtres et des portails. Ils symbolisent l’esprit d’ouverture et de coopération qui règne au sein de l’Union européenne. Les douze étoiles de l’Union européenne sont l’illustration du dynamisme et de l’harmonie de l’Europe contemporaine.
Les ponts représentés au verso symbolisent le lien qui unit non seulement les peuples européens entre eux, mais aussi l’Europe avec le reste du monde.
Chaque billet représente un style architectural propre à une époque. Ainsi, les billets de 5 euros représentent le style classique ; les billets de 10 euros le style roman ; les billets de 20 euros le style gothique ; les billets de 50 euros le style renaissance ; les billets de 100 euros le style baroque; les billets de 200 euros le style industriel du XIXème siècle et les billets de 500 euros l’architecture moderne du XXème siècle.
Sur les billets se trouvent également :
-le nom de la monnaie – euro – qui apparaît à la fois en caractères romains (EURO) et grecs (EYPO)
-les initiales de la Banque centrale européenne dans les cinq variantes – BCE, ECB, EZB, EKT, EKP
-le symbole © des droits d’auteur
-le drapeau de l’Union européenne
Les huit pièces euro ont une face commune, et une face nationale qui symbolise les pays d’émission. La face commune des pièces montre soit l’Union européenne avant son élargissement le 1er mai 2004, soit, si elles ont été émises après le 1er janvier 2007, une carte géographique de l’Europe.
Les pièces de 1, 2 et 5 centimes présentent sur un globe la position de l’Europe par rapport à l’Afrique et à l’Asie.
Les principaux avantages de l’euro sont :
Lorsqu’on veut faire des achats dans la zone euro, ou tout simplement qu’on voyage dans cette zone, on peut comparer les prix affichés et donc effectuer les achats avec facilité.
Les coûts de transaction sont annulés puisque votre billet français est aussi valable en Italie ou dans les 16 autres pays de la zone. Il n’y a plus de cours de change. Ce cours de change rendait les échanges commerciaux plus difficiles avec une rentabilité des investissements moins évidente. On n’a plus besoin d’acheter des devises étrangères.
La stabilité de l’euro a permis de maintenir des taux d’intérêt bas même si cela ne se confirme pas avec la crise, ces deux dernières années.
L’adoption de l’euro a-t-elle entraîné une hausse des prix ?
Depuis 1999, la zone euro a observé une hausse des prix. Elle reste située aux environs de 4% alors qu’elle atteignait les 10% dans les années 80. Ce sont essentiellement les produits alimentaires qui ont subi une hausse tandis que les biens durables comme les ordinateurs, les téléphones connaissent plutôt une baisse. La hausse sur les produits alimentaires est due à la flambée des matières premières suite aux intempéries et à la spéculation internationale sur des produits comme le blé, la viande bovine, le maïs. Il convient d’ajouter que les dépenses en énergie (hausse du pétrole, du gaz et de l’électricité) grèvent également le budget des ménages.
L’euro et l’actualité
La crise grecque mais aussi les problèmes rencontrés par l’Italie, Chypre, l’Irlande, le Portugal… démontrent qu’il faut renforcer la politique monétaire européenne et qu’il faut coordonner nos politiques économiques (on parle dorénavant d’un gouvernement économique et pour aller plus loin de fédéralisme politique ?). Un fonds européen de stabilité financière a été adopté par les 27 Etats en 2010 pour aider les Etats de la zone euro en difficulté sous forme de prêts (17 milliards à l’Irlande en 2010 et 26 milliards d’euros au Portugal en 2011). Face à la conjoncture, ce fonds a été porté à 440 milliards et pourrait atteindre 1.000 milliards à terme avec l’aide du FMI, voire de fonds issus de pays émergents comme la Chine. Ce n’est donc pas moins d’Euro et moins d’Europe qu’il faut mais plus d’Euro et plus d’Europe.
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Le
programme |
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Muriel Marland-Militello, Députée, adjointe au Maire de Nice et Fabrice Lachenmaier

Patrick Allemand, Premier vice-président du Conseil Régional

Sylvie Guillaume, Députée européenne

Nicole Fontaine, Présidente du Parlement européen de 1999 à 2002
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