Passée cette étape,
les sujets pourront aborder avec plus de facilité un cursus
traditionnel de formation visant à une insertion sociale et/ou
professionnelle (cours d'instruction, de remise à niveau, de
recherche d'emploi...). Développer les capacités, le
potentiel d'un individu avant de lui donner des outils de plus en plus
sophistiqués pour appréhender une vie de plus en plus
complexe, tel est l'objectif de la formation que nous proposons de
construire.
Le
point commun de la recherche-action que nous souhaitons développer et qui répond à un
besoin souvent exprimé par les adultes en perte de repères
ou en manque de formation initiale : la ré-appropriation
de soi. Des techniques existent. Celles retenues par notre projet
constituent de nouvelles approches dynamiques. Nous souhaitons les
tester dans un cadre transnational, les adapter et les traduire en
terme d'outils pour une diffusion auprès des apprenants-adultes
et des enseignants confrontés à la formation des adultes.
Le
résultat du projet
consiste en la mise au point d'un module de formation type, transférable
au niveau européen, s'appuyant sur une production éditoriale.
Le module REUSSIR sera finalisé après de nombreuses
mises en situation auprès d'un public-cible et une évaluation
progressive de son contenu.
Les
notions suivantes seront développées
Thème
1 -
Qu'est-ce que le développement personnel
?
Thème
2 -
La personne intérieure, identité personnelle, bilan
psychologique...
Thème
3 -
La personne extérieure, l'apparence...
Thème
4 -
Les éléments de communication, communication écrite
et orale...
Thème
5 - Les éléments
sociaux, la citoyenneté européenne : construire
son identité, trouver un emploi en Europe, multiplier ses
chances d'emploi par quinze...
A
partir d'études de
cas et de témoignages individuels, les formateurs préparent
une intervention dynamique et interactive sur la base d'une notion
simple : "comment réussir ?"
Derrière cette notion
simple, se construit une véritable démarche d'aide et
d'accompagnement à l'apprentissage qui aura pour objectif la
réinsertion sociale et professionnelle. Les bénéficiaires
des formations seront placés en situation réelle autour
d'une dynamique de groupe, d'entretiens individuels. Dans tous les
cas, ils seront acteurs de leur formation et de leur projet.
Dans
chacune des approches, la notion de citoyenneté européenne sera abordée
pour montrer l'enrichissement culturel mutuel.
Questionnaire
Répondez
au questionnaire
REUSSIR, une sélection des réponses sera publiée
en ligne.
Extrait
des réponses au questionnaire REUSSIR
"Réussir, c'est avoir accompli
son développement personnel"
Analyse
des réponses françaises
au questionnaire REUSSIR (fichier
. PDF - 60 Ko.)
- Qu'est-ce que REUSSIR ?
Réussir, c'est obtenir
le résultat recherché, avoir du succès dans ce
que l'on entreprend, voir ses efforts aboutir. Cette définition,
présente dans le dictionnaire Hachette, est-elle partagée
par l'ensemble des personnes interrogées ou bien trouve-t-on
des divergences et points de vues différents ? On s'aperçoit, à travers
les réponses obtenues que, si le vocabulaire change selon la
personnalité des uns et des autres, chacun définit le
concept de réussite autour des mêmes notions. Nous pouvons
observer deux types d'interventions : la première, pragmatique, évoque
la réussite en termes d'objectifs, de réalisations ;
la seconde, plus philosophique, nous entraîne sur le terrain
de la personne. Un éminent pédagogue caractérise
la réussite par "la réalisation d'un projet ou la
réalisation de quelque chose qu'on n'a pas forcément
prévu", deux cas assez différents, le dernier assimilant
la réussite à une part de hasard. Pour d'autres, c'est "aboutir
après s'être fixé un objectif". le terme d'objectif
revient couramment pour souligner que l'on peut programmer ses réussites,
comme si l'on faisait une tâche... En revanche, nombre d'enquêtés
font état de deux facteurs complémentaires amenant la
réussite : "arriver à un accomplissement personnel
et/ou professionnel"..."c'est trouver un équilibre
entre l'affectif, le professionnel et le social, se sentir en harmonie
dans sa vie, son entourage et son environnement". Certains insistent
sur la relation entre la personne et lson entourage... Réussir
pour eux, c'est "être en accord avec sa vie et donc avec
les autres"... ou inversement "parvenir à être
en harmonie avec les autres et donc avec soi-même". Notre
démarche vise à étudier les pistes qui mènent à une
réussite personnelle et professionnelle. Ces deux notions sont
liées comme le confirme l'une de nos interlocutrices : "Réussir,
c'est accéder à ses rêves, se construire la vie
dont on a besoin, c'est évoluer, prendre en compte les autres
et ne pas se perdre, s'oublier dans l'ambition. La réussite
est avant tout morale, elle est un tout, on ne peut pas la réduire à la
vie professionnelle. Réussir, c'est donner un sens à son
existence"... Cette existence est vécue par rapport à celle
des autres : "réussir, c'est parvenir à faire ce
que l'on désire, et ce, dans n'importe quel domaine. Réussir,
c'est se connaître assez soi-même pour ne pas passer à côté de
celui ou de celle qu'on est et ainsi mener une vie qui nous ressemble.
Réussir, c'est, à 80 ans, se dire qu'on est fier de ce
que l'on a réalisé (humainement, affectivement, et professionnellement).
A mon avis, l'humain et l'affectif sont les deux points les plus importants
parce que, finalement réussir, ce doit être quand même
avant tout avoir construit des relations humaines et affectives sincères
et profondes, bref, c'est avoir aimé (au sens large du terme)
et si possible, n'avoir détruit personne autour de soi.... Je
me demande si, quand on est à la fin de sa vie, tout simplement
se dire qu'on ne regrette rien (de ce qu'on a vécu, fait et
dit) n'est pas la preuve qu 'on a réussi l'essentiel".
En un mot, qu'est ce que réussir ? C'est vivre !
-
Un synonyme de réussir ?
Notre
tentative de définition
de la réussite peut passer par la recherche d'un synonyme suffisamment
porteur de sens pour englober tout ce que le terme de réussite
peut signifier. Parmi toutes les réponses enregistrées,
nous avons relevé quelques mots récurrents qui s'apparentent à la
définition encyclopédique.
Trois
types de réponses
sont constatés : celles que l'on classe dans la catégorie
des "moyens", à savoir, les termes "patience", "s'améliorer", "harmonie" ou "s'épanouir" ;
dans la catégorie des "résultats", nous avons
les termes "accomplissement", "être heureux", "pénitude" ou "bonheur" ;
enfin, dans le vocabulaire le plus proche de la terminologie admise,
nous trouvons "parvenir", "arriver" et "réaliser".
Enfin, pour les plus combatifs, réussir s'apparente à une
compétition qui se solde par une victoire : "gagner" et "triompher".
Cette sélection recouvre les principaux termes proposés
dans le cadre de l'étude.
-
Comment réussir ?
Nous
ne comptons pas, bien entendu, trouver la réponse à cette
question mais plutôt une série de références
permettant ensuite d'entrevoir les pistes à explorer en termes
de formation. Parmi les témoignages recueillis, nous avons ceux
qui sont particulièrement expéditifs, on réussit "en
y croyant" ou "se concentrant" ou encore "en s'y
mettant sérieusement". La plupart évoque la volonté comme
source de réussite : "en se donnant les moyens d'atteindre
ses objectifs". Chacun s'accorde aussi à évoquer
l'esprit positif : "en ayant un esprit favorable, positif, en étant
ouvert ; il faut aussi mobiliser ses énergies pour arriver à ce
but, ne pas se laisser démobiliser ou vaincre par les difficultés,
en fait, toujours garder espoir et viser le but à atteindre.
Etre opiniâtre. Faire les bonnes rencontres, les provoquer".
En résumé, il faut "travailler sur soi à travers
les évènements de la vie" et "parfois, cela
peut être contre les autres ; parfois avec les autres. En utilisant
des compétences pertinentes au projet (quand il y en a un),
mais aussi avec un peu de chance ou de "réussite" comme
on dit".
Si
pour tous, il convient de se donner les moyens pour parvenir à réussir,
les moyens sont différents selon les objectifs. "Professionnellement,
c'est en travaillant (le domaine le plus simple car le plus logique
: à priori, si on travaille, si on s'accroche, on arrive à quelque
chose de constructif (ce qui n'est pas forcément le cas pour
d'autres domaines où la volonté n'est pas suffisante).
Sur le plan humain, on réussit à comprendre les autres
et à vivre des relations humaines réussies avec eux en écoutant
et en réfléchissant (sur soi, sur l'être, sur ce
qui fait sens dans notre vie, sur le sens que l'on veut lui donner...).
Affectivement, c'est en donnant à l'autre qu'on a le maximum
de chances de réussir, il y a juste des moyens à mettre
en jeu, mais il ne faut pas croire non plus que tout dépend
de soi, il faut faire le maximum, sans acharnement, et laisser ensuite
place au destin...".
Confiance
en soi, respect pour soi et pour les autres, apprendre à se
placer en se connaissant... sont quelques-unes des recommandations
qui reviennent le plus souvent dans les réponses au questionnaire,
comme un leitmotiv.
-
Quels sont les critères de la réussite ?
"La
volonté, le savoir, la persévérance, la pugnacité,
la croyance, la réflexion, l'attention, l'écoute, l'opiniâtreté et
l'audace... parfois " seraient les principaux critères
retenus pour caractériser la réussite. Une interlocutrice évoque "le
succès, l'ambition, la créativité, l'apothéose
personnelle et professionnelle", une autre pense que le critère
personnel s'assimile au "bien-être" et que le critère
le plus visible est celui de "l'argent". Comme le souligne
une enseignante, "dans notre société, on dit de
quelqu'un qu'il a réussi quand il est célèbre
ou qu'il est aisé ou qu'il s'est élevé dans son
milieu social (par son travail, ses alliances, etc.)".
De
façon plus générale, les sondés parlent
d'"épanouissement personnel" et de "fidélité à soi-même" ou
de "cohérence avec soi-même" dans l'objectif
de dégager "la sérénité". Nous
conviendrons qu'il est extrêmement difficile de caractériser
la réussite tant les critères sont variables et personnels, "toujours
ajustés à un objectif fixé ou réalisé de
fait".
-
Citez une personne de la vie publique qui, selon vous, a réussi
; dites pourquoi et dans quel domaine.
Après
avoir évoqué les définitions et contours de la
réussite, nous voulons, à travers cette question, déterminer
le profil type de la personne qui a réussi. cette démarche
doit permettre de mesurer l'écart entre l'idéalisation
personnifiée de la réussite et ce que l'on caractérisera
par le commun des mortels, le candidat lambda. Bien entendu, une telle
question appelle à évoquer le nom de personnalités
médiatisées mais la surprise fut grande de voir citées à de
très nombreuses reprises ceux-là mêmes qui occupent
les place du palmarès annuel des personnalités françaises.
On trouve ainsi de scientifiques comme Marie Curie "parce qu'elle
a su se donner les moyens de réussir à force d'obstination,
d'abnégation, de courage et de travail acharné donnant
un sens à sa vie", Hubert Reeves qui "malgré sa
position au sommet de sa carrière, a su rester lucide et simple",
des religieux comme l'abbé Pierre ou Mère Térésa "parce
qu'elle a dédié sa vie aux autres, elle a trouvé un
sens à son existence, elle est tournée vers la lumière",
des artistes comme l'anglo-saxonne Madonna ou le français Nicolas
Hulot, reporter français. Sont également cités
des hommes politiques comme Jacques Delors et Nelson Mandela. ce dernier
est "un homme qui a des convictions, les a maintenues fortes et
assurées malgré les obstacles et le temps. Sa patience,
sa foi, son abnégation pour sa cause et ses semblables ont fait
l'histoire et mon admiration". Toujours à propos du personnage
sud-africain, "il a vraiment réussi : faire accéder
son pays à la liberté, sans guerre civile. Difficile
de faire mieux".
Enfin,
28,5 % des personnes interrogées citent une personnalité connue
pour la polyvalence de ses activités, son actualité permanente
faite d'échecs et de réussites mais dont la volonté de
rebondir lui permet de rester une référence : Bernard
tapie "envers et contre tout et tous, grand retentissement dans
les affaires", mentionné pour son "charisme" et
plus simplement parce qu'il "est toujours là"... On
trouve donc dans les réponses françaises une certaine
cohérence et un consensus autour des mêmes personnalités.
-
Citez une personne qui est proche de vous et qui, selon vous, a réussi
; dites pourquoi et dans quel domaine.
Cette
question permet de retourner sur le terrain de la proximité et
donc d'une certaine forme de réalité. On s'aperçoit
que chacun a trouvé dans son entourage une personne de référence établissant
ainsi ses propres critères de réussite. Qu'ayant à appliquer
ses critères à sa propre personnalité... les mêmes
qui répondront connaître un modèle proche de réussite
s'avoueront facilement désarmés pour accéder à leur
propre réussite. Les uns pensent que la réussite passe
par l'accès à la richesse financière. "Un
copain N. est persévérant et ambitieux, il a réussi à la
bourse", d'autres prennent des exemples plus impersonnels : "je
pense à des enseignants à la retraite qui repensent à tous
les élèves qu'ils ont formés et qui continuent à être
actifs. mais ils me sont proches s'ils conservent un doute sur leur
réussite !" Parmi les réponses surprenantes mais
lourdes de sens, une interlocutrice assimile son "rêve" à une
personne "car il toujours été fidèle avec
lui-même".
La
tentation est forte de choisir une personne de son cercle familial
et, à cet égard, les jugements sont souvents très
tranchés. Prenons un seul exemple : "trouver quelqu'un
qui a réussi globalement, c'est bien simple... c'est impossible.
Mes grands-parents ont réussi leur vie de couple... mais ils
ont raté les rapports avec leurs enfants. Mais père a
réussi sa vie professionnelle mais au détriment de tout
le reste... En fait, il y a peu de personnes ayant réussi car
la réussite dans un domaine semble toujours porter préjudice à un
autre". La réussite ne serait pas un modèle d'équilibre
?
-
Pensez-vous avoir réussi : pourriez-vous nous détailler
votre sentiment ?
Par
cette question et en s'appuyant sur les précédentes,
nous souhaitons vérifier si nos interlocuteurs ont un sentiment
de réussite, d'échec ou d'indécision. Sans tenir
compte des réponses "radicales" binaires de type oui
ou non (les secondes étant assez fréquentes à notre
grand étonnement : cela voudrait-il dire que la majorité des
personnes interrogées se satisfont de cette situation ?), certains
nuancent leurs affirmations : "tout reste à accomplir,
même si chaque jour se construit davantage vers ce but", "oui,
réussi à faire un métier que j'aime, qui me passionne
(enseignant, formateur, militant pédagogique). Réussi à convaincre
et former suffisamment les gens : pas sûr. La réussite
côtoie le doute". Parmi les gens ayant répondu par
la négative, on trouve cependant une forte coloration d'espérance
: "ma plus grande réusite, c'est de mêtre donné la
possibilité de m'engager sur le chemin de la réussite".
Plusieurs autres sont indécis "parce que je suis encore
en devenir" ou bien "parce qu'on ne réussit pas à 100
% car on ne réalise pas tous ses objectifs. il faut distinguer
réussite personnelle (privée) et réussite professionnelle.
Il est parfois difficile de réaliser les deux en même
temps. Il arrive qu'on en sacrifie une au profit de l'autre, parfois
en alternance. La réussite peut être éphémère.
Comme le bonheur, elle n'est pas acquise à perpétuité et
heureusement qu'elle n'est pas statique, il faut la mériter
et avoir en permanence des projets à réaliser. L'être
humain n'exploite pas à fond ses capacités et ses dons
parce qu'il ne sait pas le faire, qu'il est un peu fainéant,
qu'il manque de temps. Dans le meilleur des cas, il s'est choisi une
vie où il se sent à l'aise mais il est conscient qu'il
aurait pu choisir une toute autre voie dans laquelle il aurait mieux
réussi". Quant aux plus jeunes, ils ont une vision de leur
réussite plus que nuancée et pour cause : "je suis
trop jeune pour avoir réussi socialement... mais en revanche,
j'ai le sentiment de "réussir" dans mes relations
avec les autres... La question pour les personnes à l'âge
de la retraite devrait être : "pensez-vous avoir réussi
?" car "la réussite est toujours en train d'être
cultivée".
La
deuxième section de notre questionnaire concerne davantage le
champ disciplinaire de l'éducation et de la formation et une
tentative d'éclaircissement des données sémantiques.
Nous voulons aborder le domaine des outils et des méthodes qui
doivent contribuer à la réalisation et la réussite
des objectifs évoqués dans la première section
-
Qu'est-ce que l'éducation ?
Notre
dictionnaire de référence décline l'éducation
comme l'action de former, d'instruire quelqu'un, la manière
de comprendre, de dispenser et de mettre en oeuvre cette formation.
La seconde signification entend l'ensemble des connaissances intellectuelles,
des acquisitions morales de quelqu'un, voire la connaissance des bons
usages d'une société, de ses savoir-vivre... d'où,
par opposition, le terme "manque d'éducation" à apposer à celui
de "bonne éducation"... d'où également
la distinction que nous recherchons avec le terme d'enseignement qui
relève davantage d'un caractère scolaire.
L'interprétation
confiée par nos sondés aborde des notions diverses : "c'est
l'art et la manière de bien se comporter en société",
c'est toujours "un moyen de socialisation des individus : cela
s'effectue généralement dès le plus jeune âge,
cela passe par des critères sociaux et moraux, variables selon
les époques et les lieux" mais aussi "un mouvement
qui tire l'homme vers le haut, vers la civilité et la culture",
en un sens "accroître les possibilités physiques,
morales et intellectuelles". Nombre réponses font état
de "la transmission des us et coutumes d'une société (règles
de vie, comportements et savoir-vivre)" dans "le respect à autrui, à son
environnement" et in fine, la quête de "la liberté".
Notons deux témoignages subtils qu'il convient de méditer
: "l'éducation, c'est l'apprentissage de la vie en société,
c'est savoir se placer par rapport aux autres, au groupe. C'est apprendre à tenir
compte de l'autre, à le respecter et à ne pas vivre avec
l'autre selon un principe de plaisir immédiat", le second
relève de la profession de foi : "l'éducation, c'est
tout d'abord apprendre des valeurs "de base" indispensables
telles que le respect de soi-même et de l'autre, la tolérance,
la justice (c'est-à-dire que l'on doit être sincère,
honnête, lucide et juste en toute circonstance). L'éducation,
c'est apprendre qu'il y a des limites à fixer, morales, sociales,
personnelles et physiques. L'éducation, c'est enfin apprendre à l'autre
qu'il va falloir qu'il apprenne par lui-même en vivant sa vie
car l'expérience n'est pas transmissible. Plus précisément,
l'éducation, consiste à ouvrir un enfant sur la culture
(cultures littéraire, cinématographique, historique,
géographique, religieuse...), bref, lui apprendre des choses
qui lui serviront et lui permettront de se forger une personnalité ;
c'est aussi expliquer à un enfant qu'il faut prendre soin de
soi (sport et exercice, alimentation, habillement, mais aussi sur d'autres
plans, notamment spirituels, lui montrer l'importance de la réflexion
et de la méditation...). Eduquer un enfant, c'est lui donner
dès le départ les clés pour qu'il s'épanouisse
et qu'il réussisse et ce, dans le plus de domaines possibles...
afin d'éviter qu'il cherche seul et perde trop de temps..." à découvrir
les tenants et aboutissants de la société dans laquelle
il est appelé à vivre.
-
Qu'est-ce qu'une bonne éducation ?
On
est donc très logiquement amené à réfléchir
sur ce qu'il est convenu d'appeler une "bonne éducation" par
opposition à la mauvaise éducation ou le manque d'éducation
qui sont souvent les reproches formulés par certains enseignants à des
jeunes individus en marge du système scolaire qui leur est offert.
C'est bien sur "la connaissance des bons usages" qui offre "l'autonomie
et l'esprit critique", "c'est avant tout guider l'enfant
en lui faisant prendre conscience de ses atouts et de ses limites", "de
ses émotions et pulsions"... Pour certains, bonne éducation
rime avec bonnes manières (ils sont faiblement représentés).
Pour éviter l'assimilation "grossière" de dire
que "quelqu'un qui aurait reçu une bonne éducation
serait quelqu'un avec de bonnes manières" et de considérer "les
règles de la bienséance" comme un critère
objectif de réussite personnelle, plusieurs sondés expliquent
que la bonne éducation est un critère bien subjectif,
qu'il "faut éviter d'enfermer l'enfant dans un système
de pensée" (qui plus est unique !). L'éducation
est une chose extrêmement "variée, vivante, ouverte
sur le monde, elle est d'actualité... c'est l'apprentissage
des bases pour vivre une vie harmonieuse, justement détachée
des bonnes manières !". Pour les plus pessimistes, la bonne éducation
est indéfinissable puisque "l'éducation n'est que
trop souvent le fait d'un dressage en relation avec les a priori d'un
milieu". De fait, il convient de dire "qu'il n'y a pas "une" bonne éducation
: l'éducation étant affaire de moeurs, elle est variable
selon les civilisations, le milieu social ou culturel. les bonnes manières
des uns peuvent être de mauvais goût pour les autres".
Nous préférons d'entre toutes l'explication suivante
: la bonne éducation est "celle qui développe à la
fois la soumission à la Loi collective et la remise en cause
permanente de toute autorité. Celle qui rend à la fois
fier de soi et infiniment modeste. celle qui se fait se respecter et
respecter les autres".
-
Qu'est-ce que l'enseignement ?
C'est
avant tout l'action de transmettre des connaissances et notamment par
le moyen de l'école. Pour l'ancienne institutrice, "c'est
la transmission d'un savoir décomposé en : connaissances
diverses, savoir-faire et plus accessoirement savoir-être".
C'est aussi pour ce professeur de collège "aider les élèves,
les étudiants à apprendre, les accompagner". Pour
cette inspectrice, un concept qui relève de la "communication".
Pour les uns, il s'agit de transmettre des "clés" pour
guider l'enfant vers le savoir et lui apprendre à réfléchir
par lui-même, c'est aussi "l'ouverture d'une porte" sur
la connaissance ou "la somme des connaissances". Pour l'étudiant
en IUFM (Institut Universitaire de Formation des Maîtres), l'enseignement
vise "l'apprentissage de méthodologie" et "l'aide à la
construction des savoirs". Pour l'étudiante en sociologie,
l'enseignement "c'est transmettre un savoir et des connaissances à un
enfant. C'est lui apprendre ce que l'on sait pour l'ouvrir au monde,
pour lui donner envie de s'intéresser à des domaines
divers et variés, c'est lui montrer un maximum de choses dans
le plus de domaines possibles (et si possible, dans les domaines qui
lui serviront dans sa vie future). L'enseignement, c'est aussi faire évoluer
un enfant, l'enrichir et lui donner confiance, dans l'apprentissage
et dans ses capacités". Pour la chargée de communication
d'un rectorat, l'enseignement est considéré comme "le
moyen de l'Education".
-
Education et enseignement sont-ils liés ?
Il
ne fait aucun doute que dans tout enseignement il y a formation et éducation.
L'éducation et l'enseignement sont donc intimement liés
ne serait-ce que "dans le savoir-être. On peut enseigner
l'éducation civique, les bonnes manières, le sport, l'hygiène,
etc. On peut donc enseigner pour éduquer comme on peut enseigner
uniquement pour transmettre des connaissances (surtout dans le domaine
scientifique). Globalement, l'éducation nécessite un
enseignement (on ne peut s'éduquer tout seul) mais l'enseignement
ne débouche pas forcément sur l'éducation. Un
individu peut être "bien éduqué" tout
en étant inculte, de même qu'une personne instruite peut
manquer totalement d'éducation". En fait, on s'aperçoit, à travers
les témoignages, que les deux notions "ne vont pas l'une
sans l'autre dans la mesure où elles évoluent en parallèle.
La socialisation est une condition pour accéder au savoir et
de la même manière, en dispensant le savoir, on sociabilise".
Enfin viennent les réponses nuancées (qui constituent
souvent la majorité des réponses aux questions, à croire
qu'il est très difficile d'avoir un avis définitif sur
les thèmes évoqués !), la liaison éducation-enseignement
ne serait que "partielle car il faut apprendre pour se trouver
et cet enseignement n'est pas nécessairement traditionnel".
En outre, "si les deux sont fondamentalement liés (au niveau
de la forme, ils diffèrent car l'éducation est à mettre
en rapport avec les autres, alors que l'enseignement est à mettre
en rapport avec la connaissance) et que pour enseigner à un
enfant, il faut que celui-ci ait eu un minimum d'éducation (à savoir
le respect suffisant pour écouter l'enseignant), même
si certains enseignants arrivent à forcer le respect (par exemple
en ayant un discours captif)". On peut aussi conclure en trouvant
qu'enseignement et éducation ne sont pas si "intimes" que
cela car "ce ne sont pas les mêmes personnes qui dispensent
l'un et l'autre, car même s'il peut y avoir des interférences,
l'éducation est quand même majoritairement dispensée
par les parents, l'enseignement, majoritairement par les enseignants.
De plus, ces deux aspects ne sont pas obligatoirement liés car
un enfant "mal élevé" peut apprendre quand
même !". cette dernière impression confirme le constat
d'une nécessaire complémentarité entre l'Ecole
et la famille, d'une réelle co-responsabilité sur l'enfant
et donc de la mise en place de relations pédagogiques entre
tous les acteurs du système éducatif (au-delà de
la simple participation des parents aux traditionnels conseils d'école).
-
Réussite et éducation sont-elles liées ?
La
réponse la plus communément donnée est négative.
En effet, de nombreux exemples de réussite personnelle et ou
professionnelle sont livrés sans que pour autant l'éducation
ait été une condition sine qua non pour ces personnes, "l'éducation
peut bien évidemment faciliter ou inciter à la réussite,
mais si la réussite n'est pas un désir d'épanouissement
personnel, l'éducation n'y changera rien et ne suffira pas.
Inversement, certaines personnes réussisent sans que rien, dans
leur éducation, ne les y ait aidés. De plus, on peut
recevoir une éducation parentale présentée comme
modèle non conforme à nos propres critères de
réussite, c'est pour cela que les deux notions ne sont pas forcément
liées". On retrouve aussi souvent la distinction entre
réussite personelle et réussite professionnelle : la
première nécessite "le recours indispensable à l'éducation",
la seconde "est discutable car on voit souvent des gens qui ont
réussi sans avoir aucun respect pour l'autre". On comprend
donc que l'éducation ne fait pas la réussite, mais elle
l'aide : "on peut fort bien réussir dans la vie tout en étant
un parfait goujat, en piétinant toutes les règles mais
il faut pour cela soit être "bien né", soit être "un
truand". Quand on n'est ni l'un ni l'autre, il vaut mieux montrer
patte blanche !". Toute la force de l'éducation doit permettre "à apprendre à réussir
avec les autres, à considérer la réussite comme
construction et non destruction"... Vaste sujet qui méritera
d'être repris dans le cadre de notre étude puisqu'il conditionne
l'approche que l'on a des relations interpersonnelles.
-
Qu'est ce que le développement personnel ?
Loin
de nous l'idée de faire allusion à quelque méthode
qui fasse les beaux jours d'organismes ou d'individus expérimentant
des procédés pédagogiques discutables... Nous
souhaitons ici faire allusion au sens réel de la terminologie,
c'est-à-dire de considérer l'humain au centre du processus
de formation et de l'auto-formation, faire état de l'ensemble
des différents stades par lesquels passe l'humain pour atteindre
sa maturité. Le développement personnel est tantôt "l'accomplissement
des qualités de chacun, c'est vivre en harmonie avec ce que
l'on est, c'est réaliser chaque jour ce pour quoi on est fait",
tantôt "c'est l'évolution, la réflexion nécessaire
pour accéder à un plus-être, un mieux-être, à un
soi profond". En fait, le développement personnel, c'est "l'exploitation
(que l'on souhaite optimale) de ses dons et capacités (physiques,
intellectuelles et morales)". Pour cela, "il faut être
soi-même, se connaître, s'accepter et essayer de s'améliorer,
sortir le meilleur de soi". Bien entendu, l'écueil à éviter
impérativement est "un enfermement dans le nombrilisme".
La définition la plus courante fait état d'une dualité ou
plutôt d'un rapprochement : "être en accord avec son
corps et son mental", dans tous les cas, c'est "l'affirmation
de soi", "l'apprentissage de ce que l'on ne connaît
pas encore, c'est développer ses facultés"... Il
s'agit donc pour les uns d'un moyen, pour les autres d'un objectif.
Nous retrouvons sur cette question une étudiante en sociologie
qui résume développement personnel avec le terme "sérénité" : "le
développement personnel, c'est un moyen de s'épanouir,
c'est réfléchir sur soi pour évoluer. Ca peut être
dans le domaine affectif, de se pencher sur sa propre histoire, ses
souffrances, pour essayer de les dépasser afin de parvenir à vivre
ce dont on a envie et besoin. Sur le plan vraiment personnel, ça
peut être de faire attention physiquement à soi, mais
aussi de se cultiver, d'agrandir ses connaissances et sa vision des
choses. Professionnellement, c'est s'améliorer dans son travail,
c'est faire des choses dont on est fier, c'est se dépasser aussi
en affrontant les difficultés, les limites que nous nous fixons
aussi. Pour résumer, c'est évoluer, s'améliorer
pour être bien avec soi-même et avec les autres, bref,
c'est tendre vers une certaine sérénité physique,
mentale, affective et spirituelle".
-
Education et développement personnel sont-ils liés
?
Là aussi,
nous constatons plusieurs réponses de Normand à savoir
que : "ils sont liés car on nous montre ou pas, dans notre éducation,
ce qu'est le développement personnel, sa nécessité et
ce par quoi il faut passer en fonction de ce que nous sommes. Car même
si le chemin à parcourir se fait seul, l'éducation peut
permettre d'en montrer l'importance, de nous guider en faisant perdre
le moins de temps possible", mais ils ne sont pas forcément
liés si l'on considère que "le développement
personnel est un état auquel on peut aboutir (alors que nous
n'avons pas eu une éducation qui le permettait), tout simplement
parce que la clé de l'équilibre dans ce développement
survient tôt ou tard dans la vie de quelqu'un et apparaît
comme une nécessité pour continuer". Pour le pédagogue,
cette liaison reste partielle car "c'est un des pôles de
l'éducation (il y a un côté collectif qui échappe à la
personne, même si les deux sont à articuler)". Les
sondés font régulièrement référence
au caractère autonome du développement personnel et donc à l'ambiguïté dans
la liaison avec l'éducation qui sous-tend l'idée d'un
accompagnement : "dans le cas d'une bonne éducation, quand
l'éducateur est un guide et apprend à l'enfant à réfléchir,
je pense que cette liaison est positive. En revanche, dans le cas d'une éducation
autoritaire, le développement personnel sera plutôt le
fruit d'un cheminement indépendant". Une éducation
réussie permet à l'individu "de bien se comporter
dans la société, à prendre ses repères
vis-vis des autres et permet son développement personnel moral
et civique". Enfin, en guise de conclusion, cette exclamation
d'une inspectrice de l'Education nationale lourde de significations
: "pas toujours et loin de là..."
-
Réussite et développement personnel sont-ils liés
?
"L'individu
qui optimise son développement personnel a confiance en lui,
est reconnu par ses semblables : c'est une réussite. La réussite
n'est pas forcément une sinécure". Ce message traduit
tout le travail qu'il convient d'entreprendre pour tendre vers la ou
une réussite, rien n'est acquis, tout est fruit de travail,
de persévérance... "être dans la réflexion,
c'est évoluer. Il est indispensable de se poser des questions,
de douter et de se remettre en question". "Réussir,
c'est avoir accompli son développement personnel" pourrait être
le slogan de notre formation tant cette phrase apparaît régulièrement
dans les questionnaires renseignés. Il est vrai que l'on ne
réussit pleinement que lorsque le développement personnel
suit. La réussite, c'est aussi "un état d'esprit" et
le développement personnel "permet globalement de mieux
se connaître, d'être mieux avec soi, plus épanoui,
d'avoir plus confiance en soi, en ses choix".
Nous
avons terminé notre questionnaire par une proposition ouverte
visant à prolonger la réflexion sur les sujets qui auraient
sensibilisé nos interlocuteurs et notamment en leur proposant
de poser, à leur tour, l'ultime question. Il semble que ce questionnaire
ait pour le moins perturbé certains d'entre eux dans leurs convictions
profondes et dans ce sens, il aura permis une remise en question d'idées
préconçues. Plusieurs personnes ont fait la remarque
que la question manquante concernait la liaison entre l'enseignement
et le développement personnel... et à juste raison. D'autres
ont tenu à poursuivre le débat engagé en introduisant
le mot "bonheur" et son introduction dans la problématique.
Réussir veut dire "être heureux" ou "éprouver
du bonheur". Une jeune femme nous adresse la question "doit-on à tout
prix réussir pour vivre ?" partant de l'observation que "la
réussite est un succès : peut-elle être aussi importante
si elle est propre à soi, pas universelle ?". Enfin, cette
même personne nous propose d'accentuer la formation sur les thèmes
de "l'assurance de soi pour réussir, la conviction, l'intégration
dans la société".
Pour
conclure, voici le témoignage de Jean-Marie DE KETELE, professeur à l'université catholique
de Louvain (Belgique) à qui l'on a demandé d'analyser
la pertinence du module de formation que l'on souhaite mettre en place
et de nous donner son impression sur l'approche : "la méthodologie
adoptée est sans doute plus importante que le découpage
en module (on peut recourir à de nombreux découpages
pertinents). Par expérience, j'adopterais une méthodologie
inductive, c'est-à-dire que je partirais d'études de
cas ou de situations rapportées qui interpellent et permettent
de faire appel aux contenus que vous pensez devoir aborder". Cette
réflexion a permi d'orienter le concept pédagogique préconisé par
le conseil scientifique de notre projet transnational en envisageant
le recours systématique aux études des cas et à mener
ensuite le bénéficiaire de la formation à conclure
par lui-même les généralités pédagogiques
qui en découlent (qui seront ainsi autant de références
validées car comprises et admises).
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