INE au Centre Universitaire Méditérranéen de Nice

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Cette sixième animation est une étape importante dans le parcours européen de Popivox puisqu’il a pu s’entretenir avec les élus et les techniciens qui font l’Europe au quotidien mais aussi (et surtout) avec tous les responsables associatifs engagés sur le terrain… comme lui. Une rencontre riche d’informations, d’échanges, de projets à venir et " d’intentions de vote ".

Pour la première fois, Nice a accueilli la traditionnelle réunion annuelle des relais et partenaires européens de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur dans le cadre prestigieux du Centre Universitaire Méditerranéen.

Ce rendez-vous, auquel ont répondu environ 160 personnes engagées dans la vie associative locale et régionale ou provenant de diverses institutions,...

...a offert l’opportunité d’un échange riche sur les thèmes qui font l’actualité européenne. Parmi les invités d’honneur, on pouvait reconnaître le camion de "2004, Tous aux urnes" garé face à l’établissement comme un point de repère pour tous les participants.

Cette nouvelle étape dans le parcours européen a permis non seulement de rencontrer les niçois de toutes origines puisque le Centre est fréquenté par des étudiants mais aussi nombre d’associations qui y organisent des activités culturelles, de faire connaître à plus de 160 prescripteurs engagés sur le terrain de la construction européenne, l’ensemble de notre démarche et des possibilités offertes de coopération avec notre association. Ainsi, à l’issue de la journée plus de 10 rendez-vous étaient formalisés pour organiser des animations avec Popivox dans plusieurs départements de la région PACA.

Durant toute la journée ensoleillée, les personnes ont accompli leur devoir civique avec la promesse de se faire porte-parole du message de mobilisation nécessaire pour lutter contre l’abstention.

Une journée de débats

La représentation de la Commission européenne à Marseille par la voix de son directeur Jacques HUCHET a proposé un ordre du jour de grande qualité avec des interventions techniques ou de politique générale et dans le souci d’illustrer tous les propos à partir de projets locaux.

Voici ce que dernier a déclaré à Popivox :

" Nous sommes à l'approche d'échéances essentielles pour la construction européenne -Elargissement à 10 nouveaux Etats, élections au Parlement européen, projet de Constitution, etc. Il convient donc, plus que jamais, de mieux communiquer sur l'Europe. Pour ce faire, la Commission européenne dispose d'une Représentation dans la capitale de chacun des quinze pays de l'Union et il existe également dans les plus grands pays une deuxième Représentation située au siège de la cité régionale la plus importante. C'est dans ce contexte que la région PACA dispose de la seule Représentation régionale de la Commission européenne en France. Régulièrement, cette Représentation réunit ses partenaires locaux et ses relais d'information. Répondant à l'invitation de la municipalité de Nice, elle a, pour la première fois cette année, choisi cette ville pour organiser cette manifestation. Au cours de ce colloque, plusieurs hauts fonctionnaires de la Commission et du Parlement européen ont fait le point sur les dossiers d'actualité (Constitution, élargissement, FEDER etc.) et proposent des stratégies de communication. "

Après le discours d’ouverture du colloque, prononcé par Charles-Ange GINESY, 1er vice-président du Conseil général des Alpes-Maritimes qui a souhaité " un renforcement de la politique européenne en faveur du monde rural ",...

...c’est Bernard ASSO, adjoint au maire de Nice, délégué aux Affaires européennes qui fit part de son engagement européen et de celui de toute la municipalité qui développe d’importants projets notamment dans le programme Interreg.

C’est ensuite Patrick ALLEMAND, vice-président du Conseil régional qui a souhaité " une Europe qui s’oriente vers plus de cohésion sociale ".

 

Ce dernier a également souligné les difficultés que rencontrent les porteurs de projets européens face à " la lourdeur administrative " faisant ainsi référence à l’Objectif 2 et aux difficultés de gestion des dossiers français concernant cette mesure de financement croisé entre l’Europe, l’Etat, la Région et le Département. Ce fut enfin au tour de Bernard HUCHET (Préfecture de région – SGAR) de présenter la politique Régionale et plus précisément l’état d’avancement des crédits liés aux Fonds structurels, en revenant et insistant en particulier sur Interreg.

 
Voici l’essentiel de sa contribution, rédigé tout particulièrement sur notre demande :

" Du 10 au 13 juin 2004, environ 338 millions d'électeurs de l'Europe élargie à 25 Etats Membres renouvelleront pour 5 ans la composition du Parlement européen. Ces élections européennes surviendront dans un double contexte de nouveauté, tant sur le plan national que sur le plan européen.

Sur le plan national : 78 députés européens français élus selon un mode de scrutin régionalisé.

Le mode de scrutin pour l'élection des députés européens en France a été modifié le 12 avril 2003. Auparavant élus sur la base d'un scrutin de listes nationales, à la représentation proportionnelle, sans panachage ni vote préférentiel, les députés européens seront élus en 2004 selon les mêmes règles mais dans le cadre de 8 grandes circonscriptions interrégionales (des circonscriptions regroupant un nombre entier de régions pour la métropole : Nord Ouest, Est, Sud Ouest, Sud Est - qui regroupe PACA, Rhône-Alpes et Corse - Massif Central, Ile de France et une circonscription regroupant l'ensemble des départements, territoires et collectivités pour l'Outre-Mer). Avec 10 nouveaux pays membres de l'UE au 1er mai 2004, le nombre de sièges retenus pour les membres français du Parlement européen passera de 87 à 78. Un décret confirmant ce chiffre ainsi que la répartition des 78 sièges entre les circonscriptions sera adopté officiellement après l'entrée en vigueur du traité d'adhésion. Sur le plan européen, un double enjeu : le renouvellement politique des Institutions mais aussi un test sur l'avenir de l'Union européenne. Les élections de juin 2004 lanceront le renouvellement des Institutions européennes dans une Union élargie. Suivant un processus de politisation progressif des Institutions européennes, le résultat des élections européennes devrait influer sur le choix du nouveau Président de la Commission pour la période 2004-2009. En effet, le nouveau Parlement européen sorti des urnes, aura à se prononcer dès juillet sur le candidat à la présidence de la Commission européenne désigné par les chefs d'Etat et de gouvernement, puis fin octobre sur l'investiture de la nouvelle Commission à 25. Mais ces élections 2004 présentent un enjeu supplémentaire : elles seront avant tout l'occasion pour l'opinion publique de se prononcer sur les deux réformes majeures de l'Union européenne. Elles surviendront en effet un mois et demi après un élargissement sans précédent ; elles constitueront également la première consultation populaire d'envergure européenne après l'établissement par les 25 Chefs d'Etat et de gouvernement d'un compromis politique sur le nouveau traité constitutionnel. Dans certains pays, comme l'Espagne, le Danemark et l'Irlande, il a déjà été décidé que le référendum sur le nouveau traité aurait lieu le jour même des élections européennes.

Même dans les pays où le référendum sur la constitution n'est pas la voie choisie de ratification, ou s'il n'a pas lieu à la même date, les élections européennes constitueront un véritable test politique pour ce projet de Constitution. Dans ce contexte, les enjeux en terme d'information du citoyen dépassent largement ceux d'une simple explication du nouveau mode de scrutin en France ou du rôle et du fonctionnement du Parlement européen où seront amenés à siéger les nouveaux députés. La participation électorale, dont la tendance est à la baisse pour les élections nationales, marque davantage encore cette tendance pour les élections européennes. Une faible mobilisation de l'électorat en juin 2004 n'affecterait pas seulement l'image du Parlement européen, elle serait un message négatif envoyé sur la question de l'avenir de l'Union européenne en général. D'où la nécessité d'une mobilisation de tous les acteurs de l'information sur l'Europe pour une campagne de vulgarisation afin d'accroître la connaissance des processus européens au-delà même de la connaissance du Parlement européen. Dans ce contexte, toutes les actions d'information sont importantes et votre expérience et mobilisation dans ce domaine absolument essentielles."


Isabelle COUSTET - Bureau du Parlement européen à Marseille

En début d’après-midi, la rencontre se poursuivit avec une présentation par Isabelle COUSTET, directrice de l’antenne du Parlement européen à Marseille, de l’organisation des futures élections au Parlement européen.

Après cette remarquable sensibilisation et appel à la mobilisation, Isabelle COUSTET donna en illustration le projet "2004, Tous aux urnes !"en laissant la parole à Fabrice LACHENMAIER qui fit une présentation du projet et de ses objectifs. 

Après cette intervention, il fit le point pour Popivox news (voir article complet dans le numéro 5) sur le parcours du camion et les dernières études réalisées en matière d’abstention :

" Le camion "2004, Tous aux urnes !" revient de Lisbonne et a donc effectué un premier parcours autour de l’arc méditerranéen pour sensibiliser les citoyens aux enjeux de la construction européenne à travers les élections au Parlement du 13 juin prochain. Les promesses d’intention de vote ont été collectées dans l’urne transnationale par les animateurs du camion et les organisateurs des étapes de Rome, Madrid, Lisbonne, avec un effort tout particulier dans les Alpes-Maritimes à Antibes, Vallauris, Le Cannet, Mouans-Sartoux et Grasse. Notre camion est de retour à Nice avec plus de 4000 bulletins… Nous les apporterons avec les suivants au Parlement à Strasbourg en avril lorsque toutes les animations seront terminées. "2004, Tous aux urnes !" est aussi (et surtout) un projet pédagogique d’éducation à la citoyenneté avec une étude sur les raisons pour lesquelles nous constatons, de la part des jeunes notamment, une désaffection civique et, plus gravement encore, une absence de l’exercice actif de leur citoyenneté quotidienne. Les chiffres sont sans ambiguïté :le taux d’abstention en France tout public confondu était de 53 % en 99 pour une moyenne de 51 % en Europe ; la Grande-Bretagne détenant le record avec 67 % et la Belgique le record inverse avec 9 %. Quant aux jeunes, les raisons de leur abstention que nous avons analysées sur le terrain nous permettront dans la seconde phase du projet de créer des outils didactiques appropriés pour tenter de répondre aux attentes : à 45 % les jeunes (18/25 ans) s’affirment mécontents à l’égard des partis politiques, 25 % indiquent que les élections ne les intéressent pas, 24 % ne se retrouvent pas dans les listes présentées, 7 % ne votent jamais. Nous avons donc identifié 3 raisons majeures du refus de vote : l’abstention sociale (selon le milieu, l’âge, le niveau d’étude…), l’abstention anti-politicienne (image médiatique négative, dilution des clivages, manque de confiance dans les effets de la politique sur la vie quotidienne) et l’abstention conjoncturelle. Notre projet souhaite apporter une contribution modeste à cette réflexion sur la citoyenneté active des jeunes dont le vote aux élections en est une parfaite illustration. Voter c’est agir, c’est prendre en main son destin, c’est un acte concret dont les répercussions ne sont pas virtuelles ".

Ensuite, ce fut au tour de Gérard LEGRIS du secrétariat général de la Commission européenne, chef d’unité Task force Débat public et Forum Avenir de l’Union, de présenter quelques initiatives sur les enjeux de la Construction européenne en insistant fortement sur les enjeux politiques qui ne manqueront pas d’apparaître à l’occasion des élections européennes. Il fit également le point sur quelques positions défendues par la Commission sur des dossiers d’actualité tentant d’en expliquer les raisons.

C’est enfin à Sixtine BOUYGUES, directrice de la Représentation de la Commission européenne en France, qu’il a été demandé de présenter l’ensemble des campagnes d’information organisées en France sur le thème de l’élargissement. Elle accorda un petit entretien à Popivox pour insister sur " la nécessaire mobilisation de tous les relais et partenaires de terrain, expliquant que la proximité des campagnes d’informations était un gage de leur réussite ".

 

 

Association Idées Nouvelles Europe
JO N° 11 du 13 Mars 1996 N° de siret 424 599 587 00021