L'intervention de

Martial MEUNIER-JOURDE,

Directeur des Relations internationales et du Protocole de la ville de Nice

Qu’il me soit tout d’abord permis de vous adresser, au nom de notre Sénateur-Maire Jacques PEYRAT, mes vœux de bienvenue les plus chaleureux à l’ensemble des participants.Je tiens à remercier tout particulièrement : Monsieur Fabrice LACHENMAIER, Directeur de l’Association Idées Nouvelles Europe, d’avoir choisi Nice pour y tenir ce séminaire, ainsi que Monsieur le Député européen et toutes les personnalités éminentes présentes à nos côtés, d’honorer de leur présence cette rencontre.
C’est aussi un plaisir et une grande fierté que d’accueillir cette manifestation, qui abordera un thème, aujourd’hui plus que jamais d’actualité, celui de l’identité européenne.Comme vous le savez, l’Union européenne se trouve à une étape cruciale de son histoire, due à des événements décisifs et des défis à venir, tels que les travaux de la Convention qui donneront une nouvelle base institutionnelle et constitutionnelle à l’Europe, l’élargissement de l’Union européenne à 10 nouveaux Etats depuis le 1er mai, la mise en place d’un nouveau Parlement européen et d’une nouvelle Commission….Dans ce contexte, la question de l’identité européenne joue un rôle fondamental. En effet, les changements politiques en cours renforcent la cohésion européenne et font de l’Union européenne un espace de plus en plus intégré.Or cet espace ne se définit pas seulement par sa dimension économique (le marché unique, la monnaie unique…), voire politique, mais c’est aussi et avant tout un espace de valeurs et d’histoire partagées.L’Union européenne qui se dessine aujourd’hui, avec l’élargissement, tient compte de ces valeurs communes, de cet héritage partagé par tous, qui trouve ses racines dans une histoire ancienne, cimentant de ce fait les liens entre citoyens européens.Permettez-moi également de souligner que l’identité européenne ne se substitue pas mais s’ajoute aux identités nationales. Se sentir européen implique d’accepter la rencontre en soi de plusieurs identités : européenne, nationale, régionale…Comme le précisait André MAUROIS (Romancier, essayiste, critique littéraire, historien de la littérature) " L’Europe ne se fera pas en niant ou en tentant d’affaiblir les caractères nationaux , mais en les faisant aimer. Pour que l’Europe soit unie politiquement, il est ni utile ni souhaitable que les Français cessent d’être français ou les Allemands d’être allemands ;il faut et il suffit que toutes les nations d’Europe sachent que ce qui les unit, est plus fort que ce qui les divise ".Etre européen c’est avant tout avoir conscience et ressentir la possession d’un héritage culturel, garant d’une communauté de destin et d’un avenir. Rappelons aussi que l’Europe n’est pas seulement déterminée par son histoire, elle est avant tout une construction volontaire désirée par les pères fondateurs de l’Europe ( Robert Schuman, Jean Monnet), au lendemain de la Seconde guerre mondiale. Il me semble important également de préciser que la culture européenne ne peut se décliner qu’au pluriel. La culture européenne pouvant être caractérisée comme un ensemble de différences et comme le lieu, par excellence, de la diversité. Cet héritage multiculturel de l’identité européenne, qui nous a été légué depuis des siècles et que partagent les Européens, est le fruit d'une histoire commune. En effet, la majorité des pays d'Europe ont partagé un certain nombre d'expériences, telles que l'Empire romain et la mise en place d'un droit écrit ; le christianisme comme facteur structurant de l'Europe au Moyen-Âge ; la philosophie des Lumières porteuse de progrès démocratiques et d'un idéal de liberté individuelle…Cet héritage commun se matérialise donc autour de la recherche de la garantie des droits et libertés fondamentaux.
Cependant, malgré cet héritage commun, l'Union européenne présente des diversités culturelles. Ainsi, on peut opposer les pays de langues germaniques et anglo-saxonnes du nord de l'Europe, à ceux de langues latines et romanes du sud. Ensuite, si l'Union Européenne est majoritairement chrétienne, elle se partage entre catholiques, protestants et orthodoxes.De plus, l’élargissement depuis le 1er mai 2004 pose de façon accrue des questions sur cet héritage commun. Ainsi, parmi les 10 nouveaux membres de l'Union européenne figurent des pays de langue slave.Mais c'est surtout l'éventuelle adhésion de la Turquie qui soulève à mon sens des questions. En fait, derrière le problème de l'élargissement et de l'héritage commun des Européens, c'est la définition culturelle des limites de l'Union européenne qui est en question. Permettez-moi, en conclusion, d’émettre le vœu que l’on inscrive cette prestigieuse rencontre dans la liste des réunions et manifestations européennes d’envergure de la Métropole azuréenne. Depuis plusieurs années, la Ville de Nice a démontré sa volonté de participer activement à la construction européenne, faisant ainsi de l’Europe une priorité de sa politique internationale.
La Municipalité niçoise œuvre aussi bien dans les programmes communautaires, les réseaux européens mais organise aussi un certain nombre de manifestations sur les thématiques européennes d’importance. En effet, les communes, qui ont un rôle majeur à jouer en devenant les référents privilégiés, les relais d’informations auprès des citoyens, contribuent, directement, par les actions qu’elles développent, à intégrer les citoyens à l’Europe.


Martial MEUNIER-JOURDE