Intervention
de Nadir Benmatti, économiste |
Avec
le soutien de la Région Provence-Alpes-Côte-d'Azur |
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Avec
le soutien du
Conseil Général des Alpes-Maritimes |
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| 3èmes
Rencontres européennes de Nice |
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Et
en partenariat avec |
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«Le
Processus de Barcelone»
Le choix du mot « processus » en 1995 est significatif
de la prise de conscience des difficultés attendues pour la
mise en œuvre d’un cadre de coopération en « Méditerranée ».
Pour engager une nouvelle démarche ou dynamiser un cadre de
coopération il est toujours nécessaire de procéder à un état
des lieux. Certes les résultats obtenus par toutes les actions
engagées depuis plusieurs décennies sont insuffisants,
entre autres en comparaison des objectifs prévus, mais il
y a beaucoup de réalisations constructives, une densité de
contacts et une volonté d’œuvrer pour la
paix.
Le bassin méditerranéen a toujours constitué pour
la communauté européenne un espace de préoccupation
et d’espoir . La coopération multilatérale dans
cette région a débuté dès les années
soixante avec la signature d’accords de coopération économique
et commerciale avec les pays du Maghreb et du Machrek et d’accords
d’association avec ceux d’Europe du sud-est ( Turquie
en 1963, Malte en 1972 et Chypre en 1973) .
Essentiellement économique durant les années 1970-1980
cette coopération a, surtout depuis 1989, considérablement évolué :
les responsables européens ont pris conscience de la nécessité de
mener une politique cohérente et globale dans cette région
. Cette démarche s’est traduite en 1992 par la mise
en place de la « Politique Méditerranéenne Rénovée » ouvrant
ainsi la voie à l’engagement d’un véritable
processus de partenariat euro-méditerranéen.
En 1995, c’est à Barcelone que l’acte fondateur
de ce partenariat a vu le jour.
Le processus de Barcelone a été instauré les
27 et 28 novembre 1995, entre les membres de l'Union européenne
et les partenaires méditerranéens (Algérie,
Autorité palestinienne, Egypte, Israël, Jordanie, Liban,
Maroc, Syrie, Tunisie, Turquie) dans la perspective de lancer, par
une relation directe et équilibrée de partenariat,
une coopération comprenant trois volets :
- un volet politique, par la définition d'une aire commune
de paix et de stabilité grâce au renforcement du dialogue
politique et de sécurité, fondé notamment sur
le respect des droits de l’homme et des principes démocratiques.
- un volet économique, en construisant une zone de prospérité partagée,
grâce à un partenariat économique et financier
et l'établissement d'une zone de libre-échange à l'horizon
2010. Une aide financière de l’Union est décidée
pour soutenir la transition économique, le développement
du secteur privé l’investissement dans les pays
partenaires.
- un volet culturel et humain, par le rapprochement des peuples
grâce
au partenariat social, culturel et humain, destiné à encourager
la compréhension des cultures et les échanges entre
sociétés civiles (secteur de l’éducation,
de la formation, de la jeunesse, des médias, de la culture…).
Ce volet recouvre également la coopération dans le
domaine important de l’Etat de droit et de la justice.
Il faut bien remarquer que cet acte a une grande importance
car il engage la majorité des partenaires de l’espace méditerranéen
et qu’il propose une démarche globale et des moyens
relativement conséquents : c’est ce qui le différencie
des actions diverses engagées par ailleurs.Déjà en
1975 le « Dialogue méditerranéen de l’OSCE » est
crée à Helsinki. En 1990 il est mis en place un cadre
de concertation appelé « Dialogue 5+5 » dans l’espace
occidental regroupant l’Espagne, la France, le Portugal, l’Italie
et Malte d’une part et l’Algérie, le Maroc, la
Tunisie, la Maurétanie et la Libye d’autre part. En
1994 c’est une initiative Franco-Egyptienne qui aboutit à la
création du « Forum Méditerranéen » dont
le but est de servir de « laboratoire d’idées ».
La même année 26 pays de l’Otan et 7 pays méditerranéens
(Algérie, Maroc, Tunisie, Mauritanie, Egypte, Jordanie et
Israël) mettent en place le « Dialogue méditerranéen
de l’OTAN » pour une concertation sur les questions de
défense.
En cinq années, de 1995 à 2000, le processus de Barcelone
a insufflé un nouvel esprit de partenariat entre l’UE
et ses partenaires méditerranéens ; des rencontres
ont eu lieu entre les pays arabes et Israël, des accords d’association
ont été passés, des réseaux régionaux
ont été créés, des programmes de réforme
ont été engagés…Neuf milliards d’euros
ont été mobilisés dans le cadre du financement
MEDA (5,35 milliards € prévus pour la période
95-2000) et par des institutions financières et particulièrement
la BEI . Lors du séminaire organisé par l’association « Finances
Méditerranée » à Casablanca le 24 novembre
2000 nous avons recensé ces aspects positifs mais aussi les
difficultés d’application des dispositions du Processus
de Barcelone. Les différences entre les pays du point de vue
des systèmes politiques et du niveau de développement économique,
le retard pris par les négociations des accords d’association,
les volumes très faibles des échanges entre les pays
du sud, la faiblesse de la participation des acteurs de la société civile,
le faible taux de « consommation » des crédits
alloués (30% pour MEDA par exemple) ont été autant
d’obstacles qu’il fallait lever.
Les 27 et 28 novembre 2005, s’est tenu à Barcelone un
sommet d’évaluation de 10 années d’application
du Processus et de mise en œuvre d’importantes résolutions.
En 10 ans l’UE s’est élargie et compte 25 membres.
Le Processus de Barcelone, outre les 35 pays qu’il regroupe
(25 Etats membres de l'UE et 10 partenaires méditerranéens),
accueille aussi un pays observateur, la Libye et un pays candidat,
la Mauritanie.
Le Sommet de Barcelone de 2005, a été l’occasion
d’un nouvel élan :
- adoption d’une déclaration et d’un plan de travail
pour les cinq prochaines années, d’un code de conduite
en matière de terrorisme ;
- impulsion sur les engagements financiers à définir
pour la réalisation des objectifs ; renforcement du dialogue
et de la coopération sur proposition de l’Espagne, de
la France et du Maroc, en matière de migrations et d’intégration
;
-développement accru de l’implication des sociétés
civiles...
Sur le plan financier, si nous prenons en considération MEDA 1 et 2, 8,785
milliards € ont été mobilisés en 10 ans, avec un taux
de consommation en progrès, supérieur à 80% ; ces fonds
ont permis d’accorder des aides d’ajustement structurel et sectoriel
; 85% ont été consacrés à des actions bilatérales
et 15% à des actions régionales.
Par ailleurs les prêts accordés par la BEI ont été de
7,4 milliards € .
Ces prêts ont été augmentés grâce au FEMIP (
Facilité Euro Méditerranéenne d’Investissement
et de Partenariat) mis en place en 2002 .
Sur le plan politique, malgré les difficultés liées au conflit
isrélo-palestinien et la répercussion de la situation en Irak,
le dialogue a été maintenu ; les réunions des Ministres
des affaires étrangères ont rendu possibles les contacts réguliers
au plus haut niveau entre Arabes, Européens, Turcs et Israéliens.
L’Assemblée parlementaire euro-méditerranéenne (APEM)
a été créée en 2004 ; elle regroupe 240 parlementaires
(120 parlementaires méditerranéens ; 75 parlementaires des parlements
nationaux et 45 représentants du Parlement européen). Elle
a un pouvoir consultatif et de recommandation.
Sur
le plan culturel et social des actions importantes ont été menées
:
- des facilités budgétaires ont contribué à l’amélioration
du système éducatif dans plusieurs Pays ;
- des forums de syndicalistes ont été organisés
;
- les acteurs de la société civile ont eu l’occasion
de se rencontrer dans 7 forums civils et ont pu ainsi constituer
des réseaux ; ils se sont retrouvés le 1er avril
2005 à Luxembourg où ils ont adopté une Charte
de Principes et de Valeurs ;
- Euromed Héritage (préservation et développement
du patrimoine culturel), Euromed Jeunesse (associations de jeunes)
et Euromed Audiovisuel (coopération dans ce domaine) ont été mis
en œuvre ;
- la Fondation Anna Lindh sur la culture , a été inaugurée
le 20 avril 2005 à Alexandrie, siège de la bibliothèque
Alexandrine pour développer, sur une base non gouvernementale,
des activités qui améliorent la compréhension
culturelle entre les pays et les peuples, pour établir un
dialogue régulier entre les cercles culturels. La Fondation
est un réseau des différents réseaux nationaux
d'institutions spécialisées. Son budget a été fixé à 10
millions d'euros pour la période 2004-2006.
De nombreux programmes régionaux ont été financés
; les principaux sont les suivants :
•
- réseau Euromed pour les Droits de l'homme
• - commission Euro-cities EUROMED
•
- programme MEDACT de coopération entre les villes, autorités
locales et territoriales
•
- réseau EUROMESCO d'instituts de politique étrangère
•
- Forum euro-méditerranéen des instituts de science économique
•
- Union méditerranéenne des Confédérations
d'entreprises
•
- programme EUROMED Jeunesse III pour le dialogue, la citoyenneté et
la démocratie
•
- programme TEMPUS pour les échanges dans le cadre de l'enseignement
supérieur.
Le Congrès du Mouvement Européen qui s’est
réuni symboliquement à Alger du 24 au 26 février
2006 a procédé à une évaluation de
la situation dans les pays méditerranéens et concernant
leurs relations avec l’UE et terminé ses travaux consacrés à « une
vision commune du futur » par une déclaration ; la
Déclaration d’Alger recommande la nécessité de
:
- Promouvoir le dialogue ouvert, égalitaire et sans tabou
entre le Nord et le Sud,
- Favoriser la circulation des idées et des personnes,
- Définir une vision commune de l’avenir et les projets
susceptibles de la concrétiser,
- Encourager les réformes souhaitées par les sociétés
civiles des deux rives de la
Méditerranée,
Porteurs d'un message d'espoir, les 600 participants issus en majorité de
la société civile, ont adopté la présente Déclaration
pour une Vision commune du futur et s'engagent à porter ce message au-delà des
frontières et de toutes les barrières.
En décembre de la même année le Mouvement Européen
des Alpes Maritimes a organisé une importante rencontre : « La
Méditerranée, un enjeu pour l’Europe » en présente
de nombreuses personnalités et particulièrement Madame Nicole
Fontaine.
En 2008, beaucoup des problèmes déjà évoqués
persistent auxquels s’ajoutent de nouveaux défis et particulièrement
le terrorisme et les problèmes d’environnement.
Depuis 2005 des propositions sont faites à différents
niveaux pour dynamiser le processus et parfois même pour
le dynamiter ; le projet d’Union pour la Méditerranée
que la France a initié sous une autre forme (Union méditerranéenne
ou Union des pays de la Méditerranée), connaît
une « maturation » suite aux différentes négociations
multilatérales (appel de Rome 20-12-07, Conseil Européen
mars 2008,…) ou bilatérales (différentes rencontres
bilatérales organisées particulièrement par
la France avec les pays du sud de la Méditerranée).
Il aboutira probablement à une « plateforme » lors
des deux sommets prévus en France les 13 et 14 juillet 2008.
Il s’agira certainement de la mise en place d’une Présidence
bicéphale, d’une structure permanente de secrétariat
et de l’engagement de plusieurs projets dans des domaines
jugés prioritaires et structurants.
A l’occasion de notre rencontre je souhaite mettre l’accent
sur deux propositions :
- la nouvelle démarche préconise de privilégier
la multiplication de projets communs dans tous les domaines et
particulièrement dans les secteurs économiques, nous
proposons la création d’une institution bancaire de
financements de projets et « de couverture du risque » avec
une organisation décentralisée proche des opérateurs
dans les différents pays.
- la concertation et la communication sont indispensables pour
mobiliser et convaincre un maximum de partenaires ; à ce
titre nous proposons l’organisation d’un forum annuel
consacré à différents sujets et domaines concernant
la Méditerranée avec la participation des représentant
de la « Société Civile ». Ce forum se
tiendrait chaque année dans une ville des Alpes Maritimes
et serait la synthèse de plusieurs rencontres organisées
la même année sur le même thème dans
différentes villes de la Méditerranée.
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La
ville de Nice |
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L'Agence
Europe Education Formation
France |
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Nadir
Benmatti, économiste |
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Les étapes
des relations Euroméditerranée:
1972
: « politique méditerranéenne globale » puis « rénovée » en
1990, accords de commerce et de coopération, unions
douanières
1990
: création du dialogue 5+5 (Espagne, France, Italie,
Malte, Portugal et Algérie, Libye, Maroc, Mauritanie,
Tunisie)
1994
: forum méditerranéen avec 11 pays à l’initiative
de l’Egypte et de la France.
1995
: processus de Barcelone
2003
: lancement politique européenne de voisinage pour les
pays de l’Est et du Sud qui n’ont pas vocation à entrer
dans l’Union (Arménie, Azerbaidjan, Biélorussie,
Géorgie, Moldavie, Ukraine + pays partenariat
euro-med moins Turquie et plus Libye). |
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