Les
programmes d’action communautaire s’intéressent
de plus en plus à la place de l’Europe dans le
monde. D’ailleurs sur la programmation 2007/2013, le
budget consacré à cette dimension représentera
5,7% du budget global de l’Union qui s’élève à 865
milliards d’euros.
En évoquant le thème de la citoyenneté universelle, on ne
peut faire l’impasse sur le message que les pères fondateurs de
l’Europe ont voulu diffuser. Nos amis présents d’Amérique
latine ont souhaité mieux comprendre notre histoire continentale.
Il est nécessaire de rappeler qu’on présente souvent l’Europe
comme une construction récente, ce qui est vrai et faux à la fois.
C’est vrai d’un point de vue politique dans la mesure où l’Europe
contemporaine, celle qui a dit oui à la paix et à l’amitié entre
les peuples date de l’après seconde guerre mondiale. C’est
faux à l’échelle de l’histoire du continent et à l’échelle
de l’Homme. On peut en effet parler de civilisation européenne qui
puise ses racines culturelles dans des temps très reculés. N’oublions
pas qu’Europa était grecque et qu’Hésiode au 8ème
siècle avant J.C. emploie déjà le terme d’Europe dans
ses écrits. L’Europe ne s’est pas faite en un jour. Depuis
leur arrivée sur le continent, les Hommes n’ont cessé de
s’influencer, de s’affronter et de s’unir. C’est l’épopée
européenne. L’Homo erectus a laissé les premiers témoignages
d’une expression culturelle. Les Hommes étaient chasseurs puis éleveurs
et agriculteurs. A l’âge de pierre puis à l’âge
de bronze, les européens se déplacent et colonisent le continent.
Les Grecs vont fonder une civilisation philosophique et organisent une société autour
de valeurs démocratiques. Le continent connaître aussi une expression
culturelle avec les celtes, on parlera d’identité culturelle. Mais
les systèmes de valeur s’affrontent aussi à travers des cités
rivales. L’Empire romain mettra en place la première République
et sera la source du droit privé et public. La pax romana concerne 70
millions d’habitants, 10 000 kilomètres de frontière et
une monnaie unique fait son apparition.
Les invasions germaniques rythmeront ensuite le continent. Les tribus mobiles
guerrières s’étendent : les angles et saxons au Royaume-Uni,
les francs en France, les lombards et estrogoths en Italie, les wisigoths en
Espagne. Sans oublier les vikings qui sillonnent les mers.
Plus tard, c’est la propagation du christianisme, c’est la fin de
l’Empire romain d’Occident, la suprématie économique
(au moins en Méditerranée) de l’Empire romain d’Orient.
Nous connaîtrons ensuite la domination arabe. Au Moyen-âge, l’Etat
carolingien avec un certain Charlemagne veut imposer une Europe familiale. Ensuite,
l’Européen sera un grand navigateur qui part à la découverte
du monde tandis que sur le continent persistent les famines, les schismes religieux… La
Renaissance impose l’unification de la culture européenne. Au 18ème
siècle, Jean-Jacques Rousseau affirme « il n’y a plus de Français,
d’Allemands, d’Espagnols, d’Anglais même, il n’y
a plus que des Européens ». L’histoire européenne du
contient se poursuit à travers Napoléon. Le 19ème siècle
impose sa civilisation industrielle et Victor Hugo parle d’Etats Unis d’Europe
en 1849. Le 20ème siècle est rythmé par deux guerres européennes
et mondiales. L’Europe est détruite, mais se relève grâce à la
volonté des Hommes et à l’interventionnisme d’alliés
non-européens. Je terminerai cette courte évocation par une citation
de Gérard-François Dumont « des philosophes grecs jusqu’à nos
jours, l’histoire est parcourue par une philosophie européenne patiemment élaborée
par plus de 2500 ans d’efforts individuels qui deviennent, au cours des
temps, des acquis collectifs ».Julien Gascard, conférencier à l’association
Jean Monnet, va poursuivre cette évocation de l’épopée
européenne par une présentation d’un des pères fondateurs
de l’Union.