Intervention Francis Valverde Mosquera (Chili)
Avec le soutien de la Région Provence-Alpes-Côte-d'Azur
Avec le soutien du Conseil Général des Alpes-Maritimes
3èmes Rencontres européennes de Nice
Et en partenariat avec

 

« C’est un honneur pour moi de participer à cette journée et de vous livrer l’expérience de ma vie. J’ai 51 ans aujourd’hui. A l’âge de 16 ans j’ai vécu le coup d’Etat au Chili. C’était en 1973, je dirigeais un groupe d’étudiants. La citoyenneté à cette époque-là n’était pas un sujet dont on pouvait parler. Très jeune donc, je me suis sentie obligé de participer à la vie citoyenne de mon pays. Nous avions vraiment ce rêve de participer à la construction d’un pays où la liberté individuelle serait un acquis. C’est peut-être le même rêve que vous partagez en Europe. Nous étions de jeunes volontaires et allions dans les quartiers les plus pauvres pour expliquer aux jeunes comment contribuer à la réalisation de ce rêve. Les forces politiques du pays ne partageaient pas du tout notre vision et ne souhaitaient pas que nos actions puissent aboutir. D’autres coups d’Etat ont malheureusement suivi en Amérique latine. Ce furent des moments extrêmement difficiles à vivre. Nous faisons des efforts gigantesques pour garder ce rêve de la démocratie au Chili. Lorsque l’on ne peut plus vivre dans son pays comme on le souhaiterait, lorsque tous les efforts sont vains, lorsque les rêves sont brisés, lorsque le futur n’existe plus… c’est vraiment très dur de vivre sous une dictature militaire avec un degré de répression permanent. Nous étions jeunes et nombre de nos camarades ont été arrêtés, torturés, assassinés. J’ai dû partir en exil, d’autres ont continué la lutte. Il était trop dangereux pour moi de rester au pays. En 1980, je suis rentrée au Chili pour participer à la défense de cette démocratie malmenée. Notre situation était comparable à celle qui a divisé le continent européen pendant la seconde guerre mondiale. Notre force a été la mobilisation des jeunes pour lesquels il était inconcevable de laisser le pays aux mains de militaires qui luttaient contre la démocratie. J’ai une grande chance d’être encore en vie et d’avoir pu me battre contre cette dictature. J’ai des filles adolescentes à qui je ne parle jamais de cet épisode de ma vie tant les blessures restent vives. Mon vœux le plus cher est que les générations futures ne vivent jamais plus de telles horreurs.
La citoyenneté est une construction de tous ceux qui défendent les valeurs de la démocratie et la première d’entre-elles : la liberté. Au Chili, on a mis 17 ans avant de pouvoir la retrouver. Il faut garder en vie ces valeurs. Je suis quelqu’un qui rêve beaucoup. Je vous invite à lutter pour construire de nouveaux rêves. Il faut inventer la démocratie du futur ».
Churchill disait que « la démocratie est le pire des régimes à l’exception des autres ».
Ce témoignage démontre la nécessité d’un rapprochement entre les peuples et d’une veille de tous les instants pour défendre les droits de l’homme. Cette défense des droits de l’homme est l’une des thématiques au cœur du programme « Jeunesse en actions ».
Il est important que les jeunes deviennent des citoyens actifs (et le citoyen ce n’est pas seulement l’adulte qui acquiert le droit de vote à l’âge de 18 ans).
Pour mieux comprendre le monde qui nous entoure, l’idéal est d’effectuer des mobilités.
Les voyages forment la citoyenneté !

La ville de Nice
L'Agence Europe Education Formation
France
 
Francis Valverde Mosquera Association Chilena Pro Naciones Unidas (Chili)