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Sommaire

Contexte du projet / Les notions développées / Le questionnaire / Extrait des réponses françaises au questionnaire / La rencontre de Valladolid

Contexte du projet

Dérive et échec social ou professionnel, en particulier chez les jeunes adultes, de plus en plus chez les jeunes femmes, constituent une réalité européenne.

Le système éducatif est au centre de tous les débats, tantôt comme la cause, tantôt comme la solution. Il donne la possibilité d'acquérir des outils et des techniques de plus en plus pointus pour permettre à ces jeunes adultes une intégration socioprofessionnelle réussie. Si l'école se recentre sur l'acquisition de "fondamentaux", sur l'organisation, la transmission et la mise à disposition des connaissances, si l'école choisit de faire de la démarche éthique (qui vise le bonheur individuel dans celui de l'humanité, conduit à un usage maîtrisé du savoir - C. Nique, Directeur du CIEP), le coeur de l'éducation, cette évolution de la politique scolaire est tout à fait récente. Elle prétend favoriser le développement harmonieux des compétences, l'acquisition de références communes pour rendre meilleure la vie sociale. Cependant, les personnes adultes n'ont pas toutes profité de cette prise de conscience et nombreuses rencontrent aujourd'hui des difficultés liées à une perte des repères sociaux. Il existe encore trop d'exclusion sociale ou de difficultés professionnelles, preuve en est la demande croissante de formation des adultes.

Quelles réponses apporter dans la mise en oeuvre d'une "éducation tout au long de la vie" ?

Nous proposons de montrer en quoi il est judicieux de réintroduire la dimension humaine au coeur du projet d'apprentissage. Le terrain d'expérimentation retenu est celui des adultes en situation d'échec (social, professionnel ou personnel). Il s'agit d'offrir une formation favorisant l'auto-développement personnel des apprenants-adultes par la découverte, la reconnaissance puis l'appropriation des règles de savoir-vivre et de savoir-être.

Passée cette étape, les sujets pourront aborder avec plus de facilité un cursus traditionnel de formation visant à une insertion sociale et/ou professionnelle (cours d'instruction, de remise à niveau, de recherche d'emploi...). Développer les capacités, le potentiel d'un individu avant de lui donner des outils de plus en plus sophistiqués pour appréhender une vie de plus en plus complexe, tel est l'objectif de la formation que nous proposons de construire.

Le point commun de la recherche-action que nous souhaitons développer et qui répond à un besoin souvent exprimé par les adultes en perte de repères ou en manque de formation initiale : la ré-appropriation de soi. Des techniques existent. Celles retenues par notre projet constituent de nouvelles approches dynamiques. Nous souhaitons les tester dans un cadre transnational, les adapter et les traduire en terme d'outils pour une diffusion auprès des apprenants-adultes et des enseignants confrontés à la formation des adultes.

Le résultat du projet consiste en la mise au point d'un module de formation type, transférable au niveau européen, s'appuyant sur une production éditoriale. Le module REUSSIR sera finalisé après de nombreuses mises en situation auprès d'un public-cible et une évaluation progressive de son contenu.

Les notions suivantes seront développées

Thème 1 - Qu'est-ce que le développement personnel ?

Thème 2 - La personne intérieure, identité personnelle, bilan psychologique...

Thème 3 - La personne extérieure, l'apparence...

Thème 4 - Les éléments de communication, communication écrite et orale...

Thème 5 - Les éléments sociaux, la citoyenneté européenne : construire son identité, trouver un emploi en Europe, multiplier ses chances d'emploi par quinze...

A partir d'études de cas et de témoignages individuels, les formateurs préparent une intervention dynamique et interactive sur la base d'une notion simple : "comment réussir ?"

Derrière cette notion simple, se construit une véritable démarche d'aide et d'accompagnement à l'apprentissage qui aura pour objectif la réinsertion sociale et professionnelle. Les bénéficiaires des formations seront placés en situation réelle autour d'une dynamique de groupe, d'entretiens individuels. Dans tous les cas, ils seront acteurs de leur formation et de leur projet.

Dans chacune des approches, la notion de citoyenneté européenne sera abordée pour montrer l'enrichissement culturel mutuel.

Questionnaire

Répondez au questionnaire REUSSIR, une sélection des réponses sera publiée en ligne.

Extrait des réponses au questionnaire REUSSIR

"Réussir, c'est avoir accompli son développement personnel"

Analyse des réponses françaises au questionnaire REUSSIR (fichier . PDF - 60 Ko.)

 

- Qu'est-ce que REUSSIR ?

Réussir, c'est obtenir le résultat recherché, avoir du succès dans ce que l'on entreprend, voir ses efforts aboutir. Cette définition, présente dans le dictionnaire Hachette, est-elle partagée par l'ensemble des personnes interrogées ou bien trouve-t-on des divergences et points de vues différents ? On s'aperçoit, à travers les réponses obtenues que, si le vocabulaire change selon la personnalité des uns et des autres, chacun définit le concept de réussite autour des mêmes notions. Nous pouvons observer deux types d'interventions : la première, pragmatique, évoque la réussite en termes d'objectifs, de réalisations ; la seconde, plus philosophique, nous entraîne sur le terrain de la personne. Un éminent pédagogue caractérise la réussite par "la réalisation d'un projet ou la réalisation de quelque chose qu'on n'a pas forcément prévu", deux cas assez différents, le dernier assimilant la réussite à une part de hasard. Pour d'autres, c'est "aboutir après s'être fixé un objectif". le terme d'objectif revient couramment pour souligner que l'on peut programmer ses réussites, comme si l'on faisait une tâche... En revanche, nombre d'enquêtés font état de deux facteurs complémentaires amenant la réussite : "arriver à un accomplissement personnel et/ou professionnel"..."c'est trouver un équilibre entre l'affectif, le professionnel et le social, se sentir en harmonie dans sa vie, son entourage et son environnement". Certains insistent sur la relation entre la personne et lson entourage... Réussir pour eux, c'est "être en accord avec sa vie et donc avec les autres"... ou inversement "parvenir à être en harmonie avec les autres et donc avec soi-même". Notre démarche vise à étudier les pistes qui mènent à une réussite personnelle et professionnelle. Ces deux notions sont liées comme le confirme l'une de nos interlocutrices : "Réussir, c'est accéder à ses rêves, se construire la vie dont on a besoin, c'est évoluer, prendre en compte les autres et ne pas se perdre, s'oublier dans l'ambition. La réussite est avant tout morale, elle est un tout, on ne peut pas la réduire à la vie professionnelle. Réussir, c'est donner un sens à son existence"... Cette existence est vécue par rapport à celle des autres : "réussir, c'est parvenir à faire ce que l'on désire, et ce, dans n'importe quel domaine. Réussir, c'est se connaître assez soi-même pour ne pas passer à côté de celui ou de celle qu'on est et ainsi mener une vie qui nous ressemble. Réussir, c'est, à 80 ans, se dire qu'on est fier de ce que l'on a réalisé (humainement, affectivement, et professionnellement). A mon avis, l'humain et l'affectif sont les deux points les plus importants parce que, finalement réussir, ce doit être quand même avant tout avoir construit des relations humaines et affectives sincères et profondes, bref, c'est avoir aimé (au sens large du terme) et si possible, n'avoir détruit personne autour de soi.... Je me demande si, quand on est à la fin de sa vie, tout simplement se dire qu'on ne regrette rien (de ce qu'on a vécu, fait et dit) n'est pas la preuve qu 'on a réussi l'essentiel". En un mot, qu'est ce que réussir ? C'est vivre !

- Un synonyme de réussir ?

Notre tentative de définition de la réussite peut passer par la recherche d'un synonyme suffisamment porteur de sens pour englober tout ce que le terme de réussite peut signifier. Parmi toutes les réponses enregistrées, nous avons relevé quelques mots récurrents qui s'apparentent à la définition encyclopédique.

Trois types de réponses sont constatés : celles que l'on classe dans la catégorie des "moyens", à savoir, les termes "patience", "s'améliorer", "harmonie" ou "s'épanouir" ; dans la catégorie des "résultats", nous avons les termes "accomplissement", "être heureux", "pénitude" ou "bonheur" ; enfin, dans le vocabulaire le plus proche de la terminologie admise, nous trouvons "parvenir", "arriver" et "réaliser". Enfin, pour les plus combatifs, réussir s'apparente à une compétition qui se solde par une victoire : "gagner" et "triompher". Cette sélection recouvre les principaux termes proposés dans le cadre de l'étude.

 

 

Publication

Auteurs : collectif Réussir son intégration socioprofessionnelle Collection : Idées Nouvelles sur... cédérom Format : Mac et PC Prix public : gratuit ISBN : 2-913022-00-6

Le comité de pilotage transnational et la mise au point des contenus de la formation

Nomenclature du cédérom

THEME 1

Qu'est-ce que la réussite?
Qu'est-ce que le développement personnel ?

Définir la réussite

Définir le développement personnel

Vers une pédagogie de la réussite

THEME 2

La personne intérieure

Un point d'histoire

La motivation

Réussir, une histoire de motivation-conviction-décision

Apprendre à se connaître

Parcours de jeunes

Parcours de femmes

La pensée ennemie ou amie ?

Et les émotions ?

Un point de philosophie

THEME 3

La personne extérieure

Les couleurs

Déterminer ses couleurs naturelles

La mode

APPARENCE VESTIMENTAIRE

Apparence corporelle

Hygiène de vie, un mode de vie

Et le temps dans tout ça

THEME 4

Les éléments de communication

Tout est communication...

Là où il y a vie, il y a communication en matière de développement personnel

La communication non-verbale

La communication orale

La critique

La communication écrite

... tout est information

THEME 5

La personne social

Droit et civilité

Les droits, mais quels devoirs ?

Les valeurs

L'individualisme

Des relations fluides

Mobilité socioprofessionnelle, citoyenneté européenne et "Pax Europa"

Clichés d'attentes et d'espoirs sur la citoyenneté européenne

Evaluation / Conclusions

L'évaluation

Conclusions : comme un scénario initiatiqu

- Comment réussir ?

Nous ne comptons pas, bien entendu, trouver la réponse à cette question mais plutôt une série de références permettant ensuite d'entrevoir les pistes à explorer en termes de formation. Parmi les témoignages recueillis, nous avons ceux qui sont particulièrement expéditifs, on réussit "en y croyant" ou "se concentrant" ou encore "en s'y mettant sérieusement". La plupart évoque la volonté comme source de réussite : "en se donnant les moyens d'atteindre ses objectifs". Chacun s'accorde aussi à évoquer l'esprit positif : "en ayant un esprit favorable, positif, en étant ouvert ; il faut aussi mobiliser ses énergies pour arriver à ce but, ne pas se laisser démobiliser ou vaincre par les difficultés, en fait, toujours garder espoir et viser le but à atteindre. Etre opiniâtre. Faire les bonnes rencontres, les provoquer". En résumé, il faut "travailler sur soi à travers les évènements de la vie" et "parfois, cela peut être contre les autres ; parfois avec les autres. En utilisant des compétences pertinentes au projet (quand il y en a un), mais aussi avec un peu de chance ou de "réussite" comme on dit".

Si pour tous, il convient de se donner les moyens pour parvenir à réussir, les moyens sont différents selon les objectifs. "Professionnellement, c'est en travaillant (le domaine le plus simple car le plus logique : à priori, si on travaille, si on s'accroche, on arrive à quelque chose de constructif (ce qui n'est pas forcément le cas pour d'autres domaines où la volonté n'est pas suffisante). Sur le plan humain, on réussit à comprendre les autres et à vivre des relations humaines réussies avec eux en écoutant et en réfléchissant (sur soi, sur l'être, sur ce qui fait sens dans notre vie, sur le sens que l'on veut lui donner...). Affectivement, c'est en donnant à l'autre qu'on a le maximum de chances de réussir, il y a juste des moyens à mettre en jeu, mais il ne faut pas croire non plus que tout dépend de soi, il faut faire le maximum, sans acharnement, et laisser ensuite place au destin...".

Confiance en soi, respect pour soi et pour les autres, apprendre à se placer en se connaissant... sont quelques-unes des recommandations qui reviennent le plus souvent dans les réponses au questionnaire, comme un leitmotiv.

- Quels sont les critères de la réussite ?

"La volonté, le savoir, la persévérance, la pugnacité, la croyance, la réflexion, l'attention, l'écoute, l'opiniâtreté et l'audace... parfois " seraient les principaux critères retenus pour caractériser la réussite. Une interlocutrice évoque "le succès, l'ambition, la créativité, l'apothéose personnelle et professionnelle", une autre pense que le critère personnel s'assimile au "bien-être" et que le critère le plus visible est celui de "l'argent". Comme le souligne une enseignante, "dans notre société, on dit de quelqu'un qu'il a réussi quand il est célèbre ou qu'il est aisé ou qu'il s'est élevé dans son milieu social (par son travail, ses alliances, etc.)".

De façon plus générale, les sondés parlent d'"épanouissement personnel" et de "fidélité à soi-même" ou de "cohérence avec soi-même" dans l'objectif de dégager "la sérénité". Nous conviendrons qu'il est extrêmement difficile de caractériser la réussite tant les critères sont variables et personnels, "toujours ajustés à un objectif fixé ou réalisé de fait".

- Citez une personne de la vie publique qui, selon vous, a réussi ; dites pourquoi et dans quel domaine.

Après avoir évoqué les définitions et contours de la réussite, nous voulons, à travers cette question, déterminer le profil type de la personne qui a réussi. cette démarche doit permettre de mesurer l'écart entre l'idéalisation personnifiée de la réussite et ce que l'on caractérisera par le commun des mortels, le candidat lambda. Bien entendu, une telle question appelle à évoquer le nom de personnalités médiatisées mais la surprise fut grande de voir citées à de très nombreuses reprises ceux-là mêmes qui occupent les place du palmarès annuel des personnalités françaises. On trouve ainsi de scientifiques comme Marie Curie "parce qu'elle a su se donner les moyens de réussir à force d'obstination, d'abnégation, de courage et de travail acharné donnant un sens à sa vie", Hubert Reeves qui "malgré sa position au sommet de sa carrière, a su rester lucide et simple", des religieux comme l'abbé Pierre ou Mère Térésa "parce qu'elle a dédié sa vie aux autres, elle a trouvé un sens à son existence, elle est tournée vers la lumière", des artistes comme l'anglo-saxonne Madonna ou le français Nicolas Hulot, reporter français. Sont également cités des hommes politiques comme Jacques Delors et Nelson Mandela. ce dernier est "un homme qui a des convictions, les a maintenues fortes et assurées malgré les obstacles et le temps. Sa patience, sa foi, son abnégation pour sa cause et ses semblables ont fait l'histoire et mon admiration". Toujours à propos du personnage sud-africain, "il a vraiment réussi : faire accéder son pays à la liberté, sans guerre civile. Difficile de faire mieux".

Enfin, 28,5 % des personnes interrogées citent une personnalité connue pour la polyvalence de ses activités, son actualité permanente faite d'échecs et de réussites mais dont la volonté de rebondir lui permet de rester une référence : Bernard tapie "envers et contre tout et tous, grand retentissement dans les affaires", mentionné pour son "charisme" et plus simplement parce qu'il "est toujours là"... On trouve donc dans les réponses françaises une certaine cohérence et un consensus autour des mêmes personnalités.

- Citez une personne qui est proche de vous et qui, selon vous, a réussi ; dites pourquoi et dans quel domaine.

Cette question permet de retourner sur le terrain de la proximité et donc d'une certaine forme de réalité. On s'aperçoit que chacun a trouvé dans son entourage une personne de référence établissant ainsi ses propres critères de réussite. Qu'ayant à appliquer ses critères à sa propre personnalité... les mêmes qui répondront connaître un modèle proche de réussite s'avoueront facilement désarmés pour accéder à leur propre réussite. Les uns pensent que la réussite passe par l'accès à la richesse financière. "Un copain N. est persévérant et ambitieux, il a réussi à la bourse", d'autres prennent des exemples plus impersonnels : "je pense à des enseignants à la retraite qui repensent à tous les élèves qu'ils ont formés et qui continuent à être actifs. mais ils me sont proches s'ils conservent un doute sur leur réussite !" Parmi les réponses surprenantes mais lourdes de sens, une interlocutrice assimile son "rêve" à une personne "car il toujours été fidèle avec lui-même".

La tentation est forte de choisir une personne de son cercle familial et, à cet égard, les jugements sont souvents très tranchés. Prenons un seul exemple : "trouver quelqu'un qui a réussi globalement, c'est bien simple... c'est impossible. Mes grands-parents ont réussi leur vie de couple... mais ils ont raté les rapports avec leurs enfants. Mais père a réussi sa vie professionnelle mais au détriment de tout le reste... En fait, il y a peu de personnes ayant réussi car la réussite dans un domaine semble toujours porter préjudice à un autre". La réussite ne serait pas un modèle d'équilibre ?

- Pensez-vous avoir réussi : pourriez-vous nous détailler votre sentiment ?

Par cette question et en s'appuyant sur les précédentes, nous souhaitons vérifier si nos interlocuteurs ont un sentiment de réussite, d'échec ou d'indécision. Sans tenir compte des réponses "radicales" binaires de type oui ou non (les secondes étant assez fréquentes à notre grand étonnement : cela voudrait-il dire que la majorité des personnes interrogées se satisfont de cette situation ?), certains nuancent leurs affirmations : "tout reste à accomplir, même si chaque jour se construit davantage vers ce but", "oui, réussi à faire un métier que j'aime, qui me passionne (enseignant, formateur, militant pédagogique). Réussi à convaincre et former suffisamment les gens : pas sûr. La réussite côtoie le doute". Parmi les gens ayant répondu par la négative, on trouve cependant une forte coloration d'espérance : "ma plus grande réusite, c'est de mêtre donné la possibilité de m'engager sur le chemin de la réussite". Plusieurs autres sont indécis "parce que je suis encore en devenir" ou bien "parce qu'on ne réussit pas à 100 % car on ne réalise pas tous ses objectifs. il faut distinguer réussite personnelle (privée) et réussite professionnelle. Il est parfois difficile de réaliser les deux en même temps. Il arrive qu'on en sacrifie une au profit de l'autre, parfois en alternance. La réussite peut être éphémère. Comme le bonheur, elle n'est pas acquise à perpétuité et heureusement qu'elle n'est pas statique, il faut la mériter et avoir en permanence des projets à réaliser. L'être humain n'exploite pas à fond ses capacités et ses dons parce qu'il ne sait pas le faire, qu'il est un peu fainéant, qu'il manque de temps. Dans le meilleur des cas, il s'est choisi une vie où il se sent à l'aise mais il est conscient qu'il aurait pu choisir une toute autre voie dans laquelle il aurait mieux réussi". Quant aux plus jeunes, ils ont une vision de leur réussite plus que nuancée et pour cause : "je suis trop jeune pour avoir réussi socialement... mais en revanche, j'ai le sentiment de "réussir" dans mes relations avec les autres... La question pour les personnes à l'âge de la retraite devrait être : "pensez-vous avoir réussi ?" car "la réussite est toujours en train d'être cultivée".

La deuxième section de notre questionnaire concerne davantage le champ disciplinaire de l'éducation et de la formation et une tentative d'éclaircissement des données sémantiques. Nous voulons aborder le domaine des outils et des méthodes qui doivent contribuer à la réalisation et la réussite des objectifs évoqués dans la première section

- Qu'est-ce que l'éducation ?

Notre dictionnaire de référence décline l'éducation comme l'action de former, d'instruire quelqu'un, la manière de comprendre, de dispenser et de mettre en oeuvre cette formation. La seconde signification entend l'ensemble des connaissances intellectuelles, des acquisitions morales de quelqu'un, voire la connaissance des bons usages d'une société, de ses savoir-vivre... d'où, par opposition, le terme "manque d'éducation" à apposer à celui de "bonne éducation"... d'où également la distinction que nous recherchons avec le terme d'enseignement qui relève davantage d'un caractère scolaire.

L'interprétation confiée par nos sondés aborde des notions diverses : "c'est l'art et la manière de bien se comporter en société", c'est toujours "un moyen de socialisation des individus : cela s'effectue généralement dès le plus jeune âge, cela passe par des critères sociaux et moraux, variables selon les époques et les lieux" mais aussi "un mouvement qui tire l'homme vers le haut, vers la civilité et la culture", en un sens "accroître les possibilités physiques, morales et intellectuelles". Nombre réponses font état de "la transmission des us et coutumes d'une société (règles de vie, comportements et savoir-vivre)" dans "le respect à autrui, à son environnement" et in fine, la quête de "la liberté". Notons deux témoignages subtils qu'il convient de méditer : "l'éducation, c'est l'apprentissage de la vie en société, c'est savoir se placer par rapport aux autres, au groupe. C'est apprendre à tenir compte de l'autre, à le respecter et à ne pas vivre avec l'autre selon un principe de plaisir immédiat", le second relève de la profession de foi : "l'éducation, c'est tout d'abord apprendre des valeurs "de base" indispensables telles que le respect de soi-même et de l'autre, la tolérance, la justice (c'est-à-dire que l'on doit être sincère, honnête, lucide et juste en toute circonstance). L'éducation, c'est apprendre qu'il y a des limites à fixer, morales, sociales, personnelles et physiques. L'éducation, c'est enfin apprendre à l'autre qu'il va falloir qu'il apprenne par lui-même en vivant sa vie car l'expérience n'est pas transmissible. Plus précisément, l'éducation, consiste à ouvrir un enfant sur la culture (cultures littéraire, cinématographique, historique, géographique, religieuse...), bref, lui apprendre des choses qui lui serviront et lui permettront de se forger une personnalité ; c'est aussi expliquer à un enfant qu'il faut prendre soin de soi (sport et exercice, alimentation, habillement, mais aussi sur d'autres plans, notamment spirituels, lui montrer l'importance de la réflexion et de la méditation...). Eduquer un enfant, c'est lui donner dès le départ les clés pour qu'il s'épanouisse et qu'il réussisse et ce, dans le plus de domaines possibles... afin d'éviter qu'il cherche seul et perde trop de temps..." à découvrir les tenants et aboutissants de la société dans laquelle il est appelé à vivre.

- Qu'est-ce qu'une bonne éducation ?

On est donc très logiquement amené à réfléchir sur ce qu'il est convenu d'appeler une "bonne éducation" par opposition à la mauvaise éducation ou le manque d'éducation qui sont souvent les reproches formulés par certains enseignants à des jeunes individus en marge du système scolaire qui leur est offert. C'est bien sur "la connaissance des bons usages" qui offre "l'autonomie et l'esprit critique", "c'est avant tout guider l'enfant en lui faisant prendre conscience de ses atouts et de ses limites", "de ses émotions et pulsions"... Pour certains, bonne éducation rime avec bonnes manières (ils sont faiblement représentés). Pour éviter l'assimilation "grossière" de dire que "quelqu'un qui aurait reçu une bonne éducation serait quelqu'un avec de bonnes manières" et de considérer "les règles de la bienséance" comme un critère objectif de réussite personnelle, plusieurs sondés expliquent que la bonne éducation est un critère bien subjectif, qu'il "faut éviter d'enfermer l'enfant dans un système de pensée" (qui plus est unique !). L'éducation est une chose extrêmement "variée, vivante, ouverte sur le monde, elle est d'actualité... c'est l'apprentissage des bases pour vivre une vie harmonieuse, justement détachée des bonnes manières !". Pour les plus pessimistes, la bonne éducation est indéfinissable puisque "l'éducation n'est que trop souvent le fait d'un dressage en relation avec les a priori d'un milieu". De fait, il convient de dire "qu'il n'y a pas "une" bonne éducation : l'éducation étant affaire de moeurs, elle est variable selon les civilisations, le milieu social ou culturel. les bonnes manières des uns peuvent être de mauvais goût pour les autres". Nous préférons d'entre toutes l'explication suivante : la bonne éducation est "celle qui développe à la fois la soumission à la Loi collective et la remise en cause permanente de toute autorité. Celle qui rend à la fois fier de soi et infiniment modeste. celle qui se fait se respecter et respecter les autres".

- Qu'est-ce que l'enseignement ?

C'est avant tout l'action de transmettre des connaissances et notamment par le moyen de l'école. Pour l'ancienne institutrice, "c'est la transmission d'un savoir décomposé en : connaissances diverses, savoir-faire et plus accessoirement savoir-être". C'est aussi pour ce professeur de collège "aider les élèves, les étudiants à apprendre, les accompagner". Pour cette inspectrice, un concept qui relève de la "communication". Pour les uns, il s'agit de transmettre des "clés" pour guider l'enfant vers le savoir et lui apprendre à réfléchir par lui-même, c'est aussi "l'ouverture d'une porte" sur la connaissance ou "la somme des connaissances". Pour l'étudiant en IUFM (Institut Universitaire de Formation des Maîtres), l'enseignement vise "l'apprentissage de méthodologie" et "l'aide à la construction des savoirs". Pour l'étudiante en sociologie, l'enseignement "c'est transmettre un savoir et des connaissances à un enfant. C'est lui apprendre ce que l'on sait pour l'ouvrir au monde, pour lui donner envie de s'intéresser à des domaines divers et variés, c'est lui montrer un maximum de choses dans le plus de domaines possibles (et si possible, dans les domaines qui lui serviront dans sa vie future). L'enseignement, c'est aussi faire évoluer un enfant, l'enrichir et lui donner confiance, dans l'apprentissage et dans ses capacités". Pour la chargée de communication d'un rectorat, l'enseignement est considéré comme "le moyen de l'Education".

- Education et enseignement sont-ils liés ?

Il ne fait aucun doute que dans tout enseignement il y a formation et éducation. L'éducation et l'enseignement sont donc intimement liés ne serait-ce que "dans le savoir-être. On peut enseigner l'éducation civique, les bonnes manières, le sport, l'hygiène, etc. On peut donc enseigner pour éduquer comme on peut enseigner uniquement pour transmettre des connaissances (surtout dans le domaine scientifique). Globalement, l'éducation nécessite un enseignement (on ne peut s'éduquer tout seul) mais l'enseignement ne débouche pas forcément sur l'éducation. Un individu peut être "bien éduqué" tout en étant inculte, de même qu'une personne instruite peut manquer totalement d'éducation". En fait, on s'aperçoit, à travers les témoignages, que les deux notions "ne vont pas l'une sans l'autre dans la mesure où elles évoluent en parallèle. La socialisation est une condition pour accéder au savoir et de la même manière, en dispensant le savoir, on sociabilise". Enfin viennent les réponses nuancées (qui constituent souvent la majorité des réponses aux questions, à croire qu'il est très difficile d'avoir un avis définitif sur les thèmes évoqués !), la liaison éducation-enseignement ne serait que "partielle car il faut apprendre pour se trouver et cet enseignement n'est pas nécessairement traditionnel". En outre, "si les deux sont fondamentalement liés (au niveau de la forme, ils diffèrent car l'éducation est à mettre en rapport avec les autres, alors que l'enseignement est à mettre en rapport avec la connaissance) et que pour enseigner à un enfant, il faut que celui-ci ait eu un minimum d'éducation (à savoir le respect suffisant pour écouter l'enseignant), même si certains enseignants arrivent à forcer le respect (par exemple en ayant un discours captif)". On peut aussi conclure en trouvant qu'enseignement et éducation ne sont pas si "intimes" que cela car "ce ne sont pas les mêmes personnes qui dispensent l'un et l'autre, car même s'il peut y avoir des interférences, l'éducation est quand même majoritairement dispensée par les parents, l'enseignement, majoritairement par les enseignants. De plus, ces deux aspects ne sont pas obligatoirement liés car un enfant "mal élevé" peut apprendre quand même !". cette dernière impression confirme le constat d'une nécessaire complémentarité entre l'Ecole et la famille, d'une réelle co-responsabilité sur l'enfant et donc de la mise en place de relations pédagogiques entre tous les acteurs du système éducatif (au-delà de la simple participation des parents aux traditionnels conseils d'école).

- Réussite et éducation sont-elles liées ?

La réponse la plus communément donnée est négative. En effet, de nombreux exemples de réussite personnelle et ou professionnelle sont livrés sans que pour autant l'éducation ait été une condition sine qua non pour ces personnes, "l'éducation peut bien évidemment faciliter ou inciter à la réussite, mais si la réussite n'est pas un désir d'épanouissement personnel, l'éducation n'y changera rien et ne suffira pas. Inversement, certaines personnes réussisent sans que rien, dans leur éducation, ne les y ait aidés. De plus, on peut recevoir une éducation parentale présentée comme modèle non conforme à nos propres critères de réussite, c'est pour cela que les deux notions ne sont pas forcément liées". On retrouve aussi souvent la distinction entre réussite personelle et réussite professionnelle : la première nécessite "le recours indispensable à l'éducation", la seconde "est discutable car on voit souvent des gens qui ont réussi sans avoir aucun respect pour l'autre". On comprend donc que l'éducation ne fait pas la réussite, mais elle l'aide : "on peut fort bien réussir dans la vie tout en étant un parfait goujat, en piétinant toutes les règles mais il faut pour cela soit être "bien né", soit être "un truand". Quand on n'est ni l'un ni l'autre, il vaut mieux montrer patte blanche !". Toute la force de l'éducation doit permettre "à apprendre à réussir avec les autres, à considérer la réussite comme construction et non destruction"... Vaste sujet qui méritera d'être repris dans le cadre de notre étude puisqu'il conditionne l'approche que l'on a des relations interpersonnelles.

- Qu'est ce que le développement personnel ?

Loin de nous l'idée de faire allusion à quelque méthode qui fasse les beaux jours d'organismes ou d'individus expérimentant des procédés pédagogiques discutables... Nous souhaitons ici faire allusion au sens réel de la terminologie, c'est-à-dire de considérer l'humain au centre du processus de formation et de l'auto-formation, faire état de l'ensemble des différents stades par lesquels passe l'humain pour atteindre sa maturité. Le développement personnel est tantôt "l'accomplissement des qualités de chacun, c'est vivre en harmonie avec ce que l'on est, c'est réaliser chaque jour ce pour quoi on est fait", tantôt "c'est l'évolution, la réflexion nécessaire pour accéder à un plus-être, un mieux-être, à un soi profond". En fait, le développement personnel, c'est "l'exploitation (que l'on souhaite optimale) de ses dons et capacités (physiques, intellectuelles et morales)". Pour cela, "il faut être soi-même, se connaître, s'accepter et essayer de s'améliorer, sortir le meilleur de soi". Bien entendu, l'écueil à éviter impérativement est "un enfermement dans le nombrilisme". La définition la plus courante fait état d'une dualité ou plutôt d'un rapprochement : "être en accord avec son corps et son mental", dans tous les cas, c'est "l'affirmation de soi", "l'apprentissage de ce que l'on ne connaît pas encore, c'est développer ses facultés"... Il s'agit donc pour les uns d'un moyen, pour les autres d'un objectif. Nous retrouvons sur cette question une étudiante en sociologie qui résume développement personnel avec le terme "sérénité" : "le développement personnel, c'est un moyen de s'épanouir, c'est réfléchir sur soi pour évoluer. Ca peut être dans le domaine affectif, de se pencher sur sa propre histoire, ses souffrances, pour essayer de les dépasser afin de parvenir à vivre ce dont on a envie et besoin. Sur le plan vraiment personnel, ça peut être de faire attention physiquement à soi, mais aussi de se cultiver, d'agrandir ses connaissances et sa vision des choses. Professionnellement, c'est s'améliorer dans son travail, c'est faire des choses dont on est fier, c'est se dépasser aussi en affrontant les difficultés, les limites que nous nous fixons aussi. Pour résumer, c'est évoluer, s'améliorer pour être bien avec soi-même et avec les autres, bref, c'est tendre vers une certaine sérénité physique, mentale, affective et spirituelle".

- Education et développement personnel sont-ils liés ?

Là aussi, nous constatons plusieurs réponses de Normand à savoir que : "ils sont liés car on nous montre ou pas, dans notre éducation, ce qu'est le développement personnel, sa nécessité et ce par quoi il faut passer en fonction de ce que nous sommes. Car même si le chemin à parcourir se fait seul, l'éducation peut permettre d'en montrer l'importance, de nous guider en faisant perdre le moins de temps possible", mais ils ne sont pas forcément liés si l'on considère que "le développement personnel est un état auquel on peut aboutir (alors que nous n'avons pas eu une éducation qui le permettait), tout simplement parce que la clé de l'équilibre dans ce développement survient tôt ou tard dans la vie de quelqu'un et apparaît comme une nécessité pour continuer". Pour le pédagogue, cette liaison reste partielle car "c'est un des pôles de l'éducation (il y a un côté collectif qui échappe à la personne, même si les deux sont à articuler)". Les sondés font régulièrement référence au caractère autonome du développement personnel et donc à l'ambiguïté dans la liaison avec l'éducation qui sous-tend l'idée d'un accompagnement : "dans le cas d'une bonne éducation, quand l'éducateur est un guide et apprend à l'enfant à réfléchir, je pense que cette liaison est positive. En revanche, dans le cas d'une éducation autoritaire, le développement personnel sera plutôt le fruit d'un cheminement indépendant". Une éducation réussie permet à l'individu "de bien se comporter dans la société, à prendre ses repères vis-vis des autres et permet son développement personnel moral et civique". Enfin, en guise de conclusion, cette exclamation d'une inspectrice de l'Education nationale lourde de significations : "pas toujours et loin de là..."

- Réussite et développement personnel sont-ils liés ?

"L'individu qui optimise son développement personnel a confiance en lui, est reconnu par ses semblables : c'est une réussite. La réussite n'est pas forcément une sinécure". Ce message traduit tout le travail qu'il convient d'entreprendre pour tendre vers la ou une réussite, rien n'est acquis, tout est fruit de travail, de persévérance... "être dans la réflexion, c'est évoluer. Il est indispensable de se poser des questions, de douter et de se remettre en question". "Réussir, c'est avoir accompli son développement personnel" pourrait être le slogan de notre formation tant cette phrase apparaît régulièrement dans les questionnaires renseignés. Il est vrai que l'on ne réussit pleinement que lorsque le développement personnel suit. La réussite, c'est aussi "un état d'esprit" et le développement personnel "permet globalement de mieux se connaître, d'être mieux avec soi, plus épanoui, d'avoir plus confiance en soi, en ses choix".

Nous avons terminé notre questionnaire par une proposition ouverte visant à prolonger la réflexion sur les sujets qui auraient sensibilisé nos interlocuteurs et notamment en leur proposant de poser, à leur tour, l'ultime question. Il semble que ce questionnaire ait pour le moins perturbé certains d'entre eux dans leurs convictions profondes et dans ce sens, il aura permis une remise en question d'idées préconçues. Plusieurs personnes ont fait la remarque que la question manquante concernait la liaison entre l'enseignement et le développement personnel... et à juste raison. D'autres ont tenu à poursuivre le débat engagé en introduisant le mot "bonheur" et son introduction dans la problématique. Réussir veut dire "être heureux" ou "éprouver du bonheur". Une jeune femme nous adresse la question "doit-on à tout prix réussir pour vivre ?" partant de l'observation que "la réussite est un succès : peut-elle être aussi importante si elle est propre à soi, pas universelle ?". Enfin, cette même personne nous propose d'accentuer la formation sur les thèmes de "l'assurance de soi pour réussir, la conviction, l'intégration dans la société".

Pour conclure, voici le témoignage de Jean-Marie DE KETELE, professeur à l'université catholique de Louvain (Belgique) à qui l'on a demandé d'analyser la pertinence du module de formation que l'on souhaite mettre en place et de nous donner son impression sur l'approche : "la méthodologie adoptée est sans doute plus importante que le découpage en module (on peut recourir à de nombreux découpages pertinents). Par expérience, j'adopterais une méthodologie inductive, c'est-à-dire que je partirais d'études de cas ou de situations rapportées qui interpellent et permettent de faire appel aux contenus que vous pensez devoir aborder". Cette réflexion a permi d'orienter le concept pédagogique préconisé par le conseil scientifique de notre projet transnational en envisageant le recours systématique aux études des cas et à mener ensuite le bénéficiaire de la formation à conclure par lui-même les généralités pédagogiques qui en découlent (qui seront ainsi autant de références validées car comprises et admises).

La rencontre de Valladolid

Nouveau temps fort du projet REUSSIR : toute l'équipe transnationale s'est réunie à Valladolid au début de l'année 2002 afin de valider le contenu de la formation et plus précisément du cédérom en cours de conception. En marge de la rencontre administrative, les promoteurs du projets ont pu tester l'efficacité des méthodes pédagogiques proposées sur le public présent et ont évalué l'ensemble des exercices. Voici en définitive les grands thèmes qui seront abordés dans le cadre de la formation et du cédérom. Ce dernier contiendra plus de 35 articles et plus de 150 liens hypertextes.

 

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